Marqué par l’environnement

2016-04-21

Marqué par l’environnement

L’environnement socioéconomique a un impact direct sur la santé. L’obésité chez les enfants en donne la preuve.

Les quartiers du Grand Montréal n’ont plus de secrets pour Tracie Barnett, professeure à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) – Institut Armand-Frappier et chercheuse au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine. Densité populationnelle, nombre de parcs, trafic routier : aucun détail n’échappe à cette spécialiste en épidémiologie de l’obésité pédiatrique, qui étudie l’influence de l’environnement bâti sur le poids corporel des jeunes.

«Je souhaite mieux comprendre l’histoire naturelle du développement de l’obésité chez les enfants et les adolescents, à partir des lieux où ils jouent, se scolarisent et vivent», explique-t-elle. Pour cela, elle étudie 630 jeunes provenant majoritairement de la région métropolitaine de Montréal : la cohorte QUALITY (QUebec Adipose and Lifestyle InvesTigation in Youth). Recrutés en 2007 alors qu’ils avaient entre 8 et 10 ans, ces enfants devenus adolescents sont classés selon les quartiers où ils habitent. En tout, cinq profils distincts de secteurs ont été définis.

L’analyse de la masse de données collectées indique que l’obésité pédiatrique se concentre tout particulièrement dans les endroits où il y a beaucoup de circulation automobile, ainsi que peu d’aménagements piétonniers faciles d’accès et sécuritaires.

Au banc des inculpées : la pollution sonore, la perturbation du sommeil, l’absence de couvert forestier ou une combinaison de ces facteurs. «On n’en trouvera pas un plus décisif que les autres, mais une multitude qui, lorsqu’ils sont cumulés, ont un effet global significatif sur la sédentarité, le temps passé devant les écrans ou la consommation d’aliments “obésogènes”», analyse Tracie Barnett.

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Source :
La recherche dans le réseau de l’Université du Québec
Volume 5, No 2, p. XIII-XIV.