Remise en question d'un système de prédiction des changements climatiques mondial pour la 50e soutenance de l'IRF de l'UQAT

2018-12-05

Remise en question d'un système de prédiction des changements climatiques mondial pour la 50e soutenance de l'IRF de l'UQAT

De gauche à droite : Louis Imbeau, codirecteur de l'IRF, Yves Bergeron, directeur de recherche (IRF), Benjamin Andrieux, candidat au doctorat en sciences de l'environnement, David Paré, codirecteur de recherche, professeur associé (IRF) (Ressources naturelles Canada), Évelyne Thiffault, évaluatrice externe (ULaval), Michelle Garneau, présidente (UQAM), et Benoit Lafleur, évaluateur interne (IRF)

Le 4 décembre dernier, M. Benjamin Andrieux, doctorant en sciences de l’environnement à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), a reçu la Mention d’excellence lors de la soutenance de thèse. Il s’agissait de la 50e soutenance de thèse de l’Institut de recherche sur les forêts (IRF) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). La recherche de M. Andrieux remet en question la structure classique des modèles du système Terre utilisés pour projeter l’évolution du climat mondial.

Alors que l'accroissement des stocks de carbone dans les sols en forêt boréale représente une des stratégies envisagées pour atténuer le réchauffement climatique à moindre coût, l'étude de M. Andrieux se veut des plus pertinente. En effet, grâce à ses travaux, M. Andrieux vient approfondir les connaissances visant à anticiper la réponse des énormes réservoirs de carbone organique du sol (COS) de la forêt boréale face au réchauffement climatique afin d'adapter un aménagement de la forêt boréale optimal à la séquestration du carbone.

Ainsi, grâce à l'étude de 72 peuplements après feu âgés de 2 à 314 ans et situés dans la pessière à mousses au Québec, M. Andrieux a, entre autres, déterminé la contribution relative des principaux facteurs climatiques et non climatiques dans les mécanismes qui déterminent l'accumulation et la réactivité biologique du COS. Son étude a ainsi permis de démontrer que le climat n'exerce qu'un contrôle indirect sur les processus de stockage du COS, principalement par les précipitations plutôt que la température, alors que la dynamique du COS est plutôt contrôlée par des interactions complexes entre plusieurs facteurs biophysicochimiques et que les conditions physicochimiques du sol, telles que l'acidité, propres aux forêts anciennes, sont favorables à la séquestration du COS.

En conclusion, M. Andrieux propose de créer davantage d'aires naturelles protégées, d'augmenter la durée des rotations et d'intégrer davantage les coupes partielles dans les pratiques sylvicoles afin de maintenir des attributs de forêts anciennes à l'échelle du paysage pour séquestrer davantage de COS. Finalement, son étude offre de nouvelles avenues pour améliorer la prédiction et la modélisation du cycle du carbone dans le climat futur.

Ce projet de recherche doctorale, intitulé « Processus de stockage du carbone dans les sols mésiques en pessière à mousses au Québec », fut réalisé sous la direction du professeur et codirecteur de l'Institut de recherche sur les forêts (IRF) de l'UQAT et titulaire de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable et de la Chaire en écologie forestière et en aménagement forestier durable, Yves Bergeron, ainsi que sous la codirection de M. David Paré, de Ressources naturelles Canada et professeur associé à l'IRF de l'UQAT.

À propos des soutenances de thèse
La soutenance de thèse est l'épreuve universitaire concluant le doctorat qui consiste en un examen oral sous la forme d'une présentation effectuée par le candidat au titre de docteur devant un jury de spécialistes. L'UQAT est fière de présenter en ses lieux une 83e soutenance de thèse. Elle se réalise dans le cadre du programme de doctorat en sciences de l'environnement de l'UQAM offert en association avec l'UQAC, l'UQAR, l'UQTR et l'UQAT. De plus, l'Institut de recherche sur les forêts (IRF) tient à souligner que cette soutenance constitue la 50e dans le domaine des sciences forestières. En effet, c'est en 2005 que la première étudiante à ce programme obtenait son diplôme de doctorat et c'est 13 ans plus tard que l'IRF diplômera le 50e doctorant. Il est donc indéniable que l'UQAT et l'Institut de recherche sur les forêts contribuent significativement au développement des connaissances dans le domaine forestier au Québec.

Source :
Service des communications
UQAT, 4 décembre 2018

Toutes les actualités de l'UQAT >>>