Séjour chez les Innus

2017-11-07

Séjour chez les Innus

Qui sont ces travailleurs de la santé et de l'éducation qui acceptent d'aller gagner leur vie dans les communautés autochtones? Quelles sont leurs attentes? Quels sont les facteurs les incitant à demeurer en poste ou à quitter? Quels types de relations entretiennent-ils avec leur communauté d'accueil? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles ont tenté de répondre sept étudiants de la maîtrise en géographie et du DESS en planification territoriale et développement local. Accompagnés par la professeure Laurie Guimond, ceux-ci ont séjourné en Minganie et en Basse-Côte-Nord, du 4 au 11 septembre derniers, dans le cadre d'un cours-terrain. «Il s'agissait de mieux comprendre les relations interethniques entre les autochtones et les non autochtones dans le Moyen-Nord québécois, et de familiariser les étudiants avec une démarche de recherche qualitative», précise la professeure.


Le groupe dans une tente innue à Unamen Shipu. Rangée du haut: David Dufour, Lionel Hervieux (guide de la Société Mukutan inc,), Katherine Jusseaume-Dumont, Mathieu Laflamme, Emmanuel Estérez, Francis Jodoin, et la professeure Laurie Guimond. Rangée du bas: Mireille Beaudoin et Jessica Elie-Léonard. Photo fournie par Laurie Guimond

Les étudiants ont visité les communautés innues de Nutakuan, près de Natashquan, et d'Unamen Shipu, à trois heures de bateau de là, près de la communauté allochtone de La Romaine. «Nous avons expérimenté l'isolement géographique et nous avons vécu, en quelque sorte, le même genre de choc que vivent les travailleurs qui débarquent dans la communauté pour la première fois», souligne Katherine Jusseaume-Dumont, candidate à la maîtrise en géographie.

Afin de mieux cerner les enjeux qui les intéressaient, les étudiants ont réalisé une trentaine d'entrevues avec trois types d'acteurs: de nouveaux résidents qui œuvrent dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l'éducation (surtout des infirmiers, des travailleurs sociaux et des enseignants, hommes et femmes), des Innus de la communauté et des acteurs clés locaux et régionaux (élus du Conseil de bande, dirigeants d'organismes, etc.).«Le Nord est un territoire en continuelle recomposition socioterritoriale, observe Laurie Guimond. Les gens arrivent, partent et reviennent au gré des contrats et de la situation socioéconomique. Nous étions curieux de connaître les raisons qui les poussent à choisir de vivre et de travailler en contexte interculturel, dans une région périphérique.»

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Source :
Pierre-Etienne Caza
UQAM, 3 novembre 2017