Un système dans la tourmente

2016-04-05

Un système dans la tourmente

Notre système de santé demande de plus en plus de ressources financières. Mais la nécessité d'en arriver à une meilleure gestion a-t-elle pris le dessus sur le souci de prodiguer des soins adéquats?

Soyons positifs, nous avons les moyens de nos ambitions en matière de santé et de services sociaux! L’État québécois alloue 32,8 milliards de dollars à l’ensemble de son réseau de santé. Presque deux fois plus qu’à l’éducation (16,9 milliards de dollars) et 50 fois plus qu’à l’entretien et la gestion des routes (656 millions). «Nous n’avons pas de problèmes de ressources en santé, nous avons un problème de répartition de cet argent dans le réseau», dit Louis Demers, professeur titulaire à l’École nationale d’administration publique (ENAP).

Alors? «Nous sommes coincés par un système mis en place dans les années de l’après-guerre, alors que les populations avaient de la difficulté à s’offrir des soins de santé», renchérit Jean-Louis Denis, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance et la transformation des organisations et systèmes de santé, à l’ENAP. «On assiste maintenant à des progrès spectaculaires qui dépassent un peu les gestionnaires en ce qui concerne les technologies médicales et les interventions cliniques.» Les maladies cardiovasculaires sont, par exemple, mieux traitées qu’autrefois. Les gens qui ont un infarctus à 64 ans peuvent vivre encore plusieurs années; de nombreux types de cancers sont aujourd’hui en voie de devenir chroniques et d’être soignés par des chimiothérapies qui peuvent même se faire à domicile; les diagnostics sont plus raffinés grâce, entre autres outils, aux scanners; et les chirurgies sont moins invasives avec la laparoscopie. Résultat, quand on a un problème grave de santé, on a nettement plus de chances de s’en sortir qu’il y a 50 ans.  

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Source :
La recherche dans le réseau de l’Université du Québec
Volume 5, No 2, p. III-IX.