Une leçon de courage

2017-02-08

Une leçon de courage

«J'ai dirigé plusieurs doctorants au cours de ma carrière, mais Aydée Liza Mondragon est un cas unique. C'est l'étudiante qui m'a le plus impressionné par son courage et sa persévérance. Je lui lève mon chapeau, car elle a réussi l'an dernier à compléter sa thèse de doctorat en informatique cognitive – avec une mention d'excellence –, tout en prenant soin de ses trois enfants autistes», déclare le professeur du Département d'informatique Roger Nkambou qui, avec son collègue Pierre Poirier (philosophie), a supervisé la recherche d'Aydée Liza Mondragon.

Le tutoriel conçu par Aydée Liza Mondragon est un jeu mathématique interactif. Il comporte un avatar, nommé Jessie, qui parle avec l'enfant, le motive et l'encourage. Photo: Istock

«Mes trois enfants ont été ma source d'inspiration et de motivation pour entreprendre cette thèse, confie la diplômée. Sans eux, je n'y serais jamais parvenue.»

Dans le cadre de sa recherche doctorale, Aydée Liza Mondragon a mis au point un système tutoriel intelligent – Integrated Specialized Learning Application (ISLA) – afin d'aider les enfants autistes à contrôler leurs émotions dans un contexte d'apprentissage des mathématiques (opérations d'addition). Ce système vise à pallier le manque d'intervention personnalisée en éducation spécialisée, en particulier auprès des enfants ayant un trouble envahissant du développement.

Originaire de Colombie, la chercheuse est arrivée à Montréal à l'adolescence, il y a 30 ans. Des études de baccalauréat et de maîtrise à HEC Montréal, et à l'Université McGill, lui ont permis de développer une expertise en technologies de l'information et de la communication et de travailler en réingénierie des affaires dans le secteur de l'industrie alimentaire.


Trois diagnostics d'autisme

Une fois sa maîtrise terminée, Aydée Liza Mondragon apprend que son second fils, alors âgé de trois ans, est atteint d'un trouble du spectre de l'autisme (TSA). Puis, sa fillette, âgée de deux ans, reçoit le même diagnostic. Trois ans plus tard, en 2010, c'est au tour de son fils aîné d'être diagnostiqué autiste. «Mon garçon me disait: Je ne comprends pas les mots, ça va trop vite. J'aimerais avoir le cerveau d'une tortue. J'éprouvais des sentiments d'échec et d'impuissance. Malgré tout, j'ai décidé de me battre pour l'éducation de mes enfants.»

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Source :
Claude Gauvreau
Actualités UQAM, 6 février 2017