Création du Cercle du mieux-être et de la guérison communautaire Mikinakw | Réseau de l'Université du Québec

Création du Cercle du mieux-être et de la guérison communautaire Mikinakw

2019-06-07

Création du Cercle du mieux-être et de la guérison communautaire Mikinakw

Pour prévenir la violence envers les femmes autochtones et soutenir les familles, le Conseil des Atikamekw de Manawan, en collaboration avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et plusieurs autres partenaires, annonce la mise sur pied du Cercle du mieux-être et de la guérison communautaire Mikinakw. 
 
Le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres a annoncé son financement, d’une hauteur de 1 million de dollars, le 31 mai 2019 lors du dévoilement à Montréal des projets retenus dans le cadre du Programme de financement de la lutte contre la violence fondée sur le sexe.
 
Au cours des cinq prochaines années, l’INRS sera un partenaire privilégié de ce projet placé sous la responsabilité de madame Thérèse Niquay, directrice des services et projets communautaires au Conseil des Atikamekw de Manawan. La professeure Carole Lévesque, directrice de DIALOG (Réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones), a été étroitement associée à la préparation et à la conception de ce projet qui démarrera à l’été.
 
Le projet conduira à la création d’une nouvelle structure réunissant tous les organismes communautaires qui œuvrent auprès de la population locale et offrent des services de différentes natures en matière de violence fondée sur le sexe à Manawan. La mission première de Mikinakw sera de favoriser une plus grande collaboration et concertation entre ces organismes. L'objectif : que leurs actions et initiatives convergent vers un soutien intégré aux personnes survivantes de la violence, contribuent à l’amélioration des conditions et de la qualité de vie de la population et mettent de l’avant une démarche commune de guérison communautaire enracinée dans la culture et la manière d’être atikamekw. 
 
Régénération des savoirs et pratiques traditionnels
Une telle démarche repose sur une régénération des savoirs et des pratiques traditionnels afin de restaurer un climat de confiance favorable à l’épanouissement de tous les membres de la communauté : enfants, jeunes, femmes, hommes, aînées/aînés et personnes vulnérables. Elle vise notamment à revitaliser des pratiques et des modes de fonctionnement propices au soutien, à l’encadrement, au ressourcement et à la guérison des personnes survivantes et de leurs familles. Elle aspire aussi à réactualiser les rôles des aînées/aînés et des groupes d’aidants/aidantes culturels et à développer des environnements sécuritaires grâce à l’implication active et la vigilance exercée par ces personnes.
 
À terme, le projet conduira à la conception d’un nouveau modèle de guérison communautaire. « On souhaite une mobilisation communautaire, une compréhension que la violence est une responsabilité collective », explique la professeure Carole Lévesque. 
 
La création et le déploiement du Cercle du mieux-être et de la guérison communautaire Mikinakw s’inscrivent également dans la foulée d’un long processus de reconnaissance des responsabilités en matière de santé et services sociaux à l’échelle de la Nation Atikamekw Nehirowisiw. Ayant débuté vers la fin des années 1980, ce processus se poursuit aujourd’hui avec des initiatives locales et particulièrement innovantes en matière de protection de la jeunesse. La Nation Atikamekw Nehirowisiw est en effet la seule première nation autochtone au Canada à jouir d’une complète autonomie en ce domaine à travers l’application du Système d’intervention d’autorité atikamekw. 
L’INRS apportera en complément une contribution financière autonome au projet. La professeure Lévesque et son équipe, à laquelle se joindront le professeur Bernard Roy de l’Université Laval et plusieurs membres du comité stratégique de Mikinakw, seront responsables du développement et de la mise en œuvre de l’ensemble des activités de co-construction et de mobilisation des connaissances reliées au projet. 
 
À l’instar de tous les travaux réalisés au sein de DIALOG, l’accent sera placé sur la participation et la contribution en continu des acteurs locaux. De plus, l’équipe recueillera et consignera les voix et les expériences des personnes survivantes de violences et des membres de leur famille. Elle tiendra également des ateliers de partage des savoirs autochtones et scientifiques et mènera au fur et à mesure des activités et des exercices de délibération et de validation. 
 
Source :
Service des communications
INRS, 31 mai 2019