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Des robots pour pallier les besoins de main-d’œuvre des PME

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Joël Lessard (APN), Vincent Duchaine (ÉTS) et Nicolas Lauzier (Robotiq).

2019-10-09

Des robots pour pallier les besoins de main-d’œuvre des PME

La pénurie de main-d’œuvre frappe de nombreuses PME, et plus particulièrement celles des régions. Et si l’une des solutions consistait à concevoir des robots collaboratifs simples à programmer, faciles à installer et capables d’accomplir la majorité des tâches répétitives qui se font dans les PME? C’est le pari que compte relever Vincent Duchaine, professeur en génie des systèmes et titulaire de la nouvelle Chaire de recherche industrielle en robotique collaborative qui a été lancée en septembre dernier à l’École de technologie supérieure (ÉTS). 

La Chaire est le fruit d’un partenariat avec Robotiq, qui compte parmi les 50 entreprises les plus influentes du monde dans son secteur d’activité, selon la revue Robotics Business Review. 

« Nous constatons que les PME ont des réalités et des besoins bien particuliers en matière de robotique. Pour mieux y répondre, nous avons choisi la voie de l’innovation, en confiant un mandat de recherche au professeur Duchaine, un expert dans le domaine de la robotique collaborative », a déclaré M. Nicolas Lauzier, directeur de l’ingénierie, chez Robotiq. 

« Les robots qui sont apparus sur le marché il y a une dizaine d’années sont pourvus de caractéristiques techniques qui se rapprochent des besoins des PME : ils sont simples à programmer, ils travaillent en synergie avec les humains, tout en étant sécuritaires pour eux, mais il reste encore quelques défis techniques à résoudre pour qu’ils entrent massivement dans nos PME », a expliqué Vincent Duchaine.   

Par exemple, les robots arrivent difficilement à appliquer une force contrôlée pour assembler, insérer ou polir des pièces. De plus, leur capacité de préhension doit être améliorée afin de se rapprocher davantage de celle de l’humain. Pour y arriver, l’équipe de Vincent Duchaine compte explorer l’avenue de l’intelligence tactile plutôt que celle de la vision artificielle qui est plus largement répandue dans le milieu de la recherche. 

Et bien que les robots soient capables d’apprendre par eux-mêmes les tâches simples et répétitives qu’ils doivent accomplir, ils y arrivent difficilement pour les tâches plus complexes devant être réalisées en milieu contraint. Pour faire en sorte que les robots puissent réaliser ce type de tâches de manière optimale, l’équipe compte concevoir des algorithmes d’apprentissage machine qui simplifieront la programmation des robots par démonstration directe.

Enfin, pour que les robots puissent éventuellement accomplir des tâches de plus en plus difficiles et spécialisées, l’équipe compte non seulement approfondir les connaissances liées aux capteurs et aux actionneurs, mais aussi concevoir de meilleurs algorithmes de commandes.  

Former du personnel spécialisé 

Selon une étude réalisée par Deloitte, 70 % des dirigeants d’entreprise croient qu’ils auront besoin d’une combinaison de talents et de compétences pour être en mesure d’optimiser leurs processus. 

Encore ici, la Chaire permettra de répondre aux besoins des dirigeants canadiens. « Plus de 30 étudiants des cycles supérieurs de l’ÉTS collaboreront aux travaux de recherche de la Chaire. Toutes ces personnes pourront transmettre leurs connaissances à d’éventuels employeurs », a tenu à souligner Charles Despins, directeur des affaires professorales, de la recherche et des partenariats, à l’ÉTS.  

En résolvant les problèmes bien connus de la robotique collaborative en contexte industriel, la Chaire contribuera à augmenter la compétitivité des entreprises canadiennes qui doivent se démarquer dans un marché de plus en plus mondialisé. 

Le professeur Duchaine, qui figure parmi des experts les plus cités dans ce domaine de spécialisation, compte emprunter des avenues encore peu explorées par la communauté scientifique. Ses travaux de recherche contribueront à l’avancement des connaissances en robotique collaborative, notamment du côté des capteurs, de l’intelligence tactile et de l’enseignement direct.

Quelques chiffres 

Pénurie de main-d’œuvre au Québec 

  • Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), 81 % des PME affirment avoir de la difficulté à recruter des employés; 
  • Au Québec, 116 000 postes seraient à pourvoir; 
  • Seulement 25 % des entreprises québécoises ont automatisé leurs processus comparativement à 55 % des entreprises américaines et à 75 % des entreprises allemandes. 

Les robots collaboratifs  

Les coûts d’acquisition d’une cellule de robot collaboratif la plus simple s’élèvent à 60 000 $, en moyenne. Il faut investir deux à trois fois plus pour une cellule de robot conventionnelle.  La différence provient des protections additionnelles qui sont requises pour les robots conventionnels, mais surtout de la complexité à les intégrer au sein d’une PME, notamment sur les plans de la conception sur mesure et de la programmation.  

L’automatisation chez APN 

  • Depuis l’implantation des robots collaboratifs, APN peut faire fonctionner ses machines 15 % plus longtemps. De plus, le machiniste n’a plus à nettoyer les pièces; la tâche, considérée comme étant désagréable par le machiniste, est maintenant réalisée par le robot; 
  • Il a fallu 2 à 3 ans pour qu’APN obtienne un retour sur l’investissement pour les 10 robots qu’elle a implantés; 
  • Le chiffre d’affaires d’APN a augmenté de 40 % par année depuis deux ans (plusieurs facteurs expliquent cette augmentation, dont les robots); 
  • Depuis l’implantation de ses robots collaboratifs, APN crée 10 % de nouveaux postes par année. Les emplois créés sont, selon APN, de meilleure qualité;
  • Selon APN, plus l’entreprise est performante, plus elle peut offrir des prix concurrentiels et plus elle décroche des contrats.  Pour répondre à la demande, elle doit alors embaucher du personnel. De plus, les contrats qu’elle décroche sont souvent des contrats qui auraient été octroyés à des pays émergents. L’automatisation freine donc en partie la délocalisation des entreprises. 

Source :
Service des communications
ÉTS, 8 octobre 2019

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