Enfants autistes : la professeure Claudine Jacques contribue à une découverte importante | Réseau de l'Université du Québec

Enfants autistes : la professeure Claudine Jacques contribue à une découverte importante

2019-01-30

Enfants autistes : la professeure Claudine Jacques contribue à une découverte importante

La professeure Claudine Jacques, du Département de psychoéducation et de psychologie, collabore avec une équipe de chercheurs qui ont fait une découverte importante qui pourra orienter les pratiques éducatives.

La professeure Claudine Jacques en collaboration avec l’équipe du projet Une autre intelligence ont mené une étude auprès de jeunes enfants autistes dont les résultats ont une grande importance.

Cette étude a en effet démontré que les comportements répétitifs des enfants autistes ne nuisent pas à l’exploration d’objets. La réalisation de cette recherche, qui vient d’être publiée dans la revue académique spécialisée PLoS one, n’aurait pas été possible sans le soutien financier accordé par l’Institut de recherche canadien en santé et la Chaire de recherche Marcel et Rolande Gosselin en neurosciences cognitives fondamentales et appliquées du spectre autistique de l'Université de Montréal à l'Hôpital Rivière-des-Prairies et à l'Hôpital Sainte-Justine, du professeur Laurent Mottron.

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C’est en partant d’observations menées dans son rôle de psychoéducatrice que la professeure Jacques a constaté que les comportements répétitifs des jeunes enfants autistes semblaient avoir une valeur adaptative - un point de vue encore marginal dans ce secteur de recherche, il y a de cela une décennie.

Elle a donc eu l’idée d’élaborer une situation de jeu riche et novatrice qui, tout en laissant le jeune enfant autiste manifester des comportements répétitifs, permettait d’observer l’exploration qu’il faisait de son environnement. D’abord, il était nécessaire d’identifier les objets d’intérêts des enfants autistes qui composeraient cette nouvelle situation et les comportements répétitifs qui seraient documentés, ce qui s’est effectué en sondant un large groupe de professionnels experts en autisme. Ensuite, il fallait déterminer le type de jeu permettant à l’enfant autiste d’explorer une multitude d’objets d’intérêts présentant des propriétés perceptives et informatives sans contraintes et sans que les comportements répétitifs soient interrompus.

C’est ainsi qu’a vu le jour la Situation de stimulation de Montréal d’une durée de 30 minutes, composée de 40 objets d’intérêts des jeunes enfants autistes (p.ex. lettres et chiffres magnétiques, livres, objets avec du mouvement) et de périodes de jeu avec différents niveaux de directivité (libre, semi-libre et semi-structurée). Une grille de cotation comprenant une liste de 48 comportements répétitifs (p ex. courir de long en large, crispation des doigts, sautillement) a également été élaborée. La phase d’expérimentation est passée par l’exposition à cette situation de 49 enfants autistes qui étaient comparés à 43 enfants typiques, tous âgés entre 20 et 69 mois. Chaque situation était filmée et ensuite cotée par deux assistantes de recherche à l’aide d’un logiciel d’observation.

Sans surprise, cette étude a montré une fréquence et une durée plus élevées de comportements répétitifs chez le groupe d’enfants autistes, plus particulièrement pour les maniérismes des mains, les explorations visuelles et les mouvements des mains, un résultat maintes fois répliqué dans la littérature. Toutefois, le résultat majeur est que les enfants autistes ne se différenciaient pas des enfants typiques dans la fréquence et la durée d’exploration des objets de la situation. De plus, les enfants autistes avaient un intérêt plus marqué pour certains objets associés à la littératie (dictionnaire imagé, livres, lettres et chiffres magnétiques).

Cette étude démontre que lorsque les enfants autistes sont exposés à un contexte stimulant et intéressant pour eux, qui offre la possibilité d’explorer du matériel varié et complexe, l’adoption de comportements répétitifs ne se fait pas au détriment de l’exploration de leur environnement. Il n’y a donc pas lieu de les supprimer tant qu’ils n’ont pas un effet délétère.

Source : 
Service des communications
UQO, 25 janvier 2019

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