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La pluralité du lien au territoire chez les autochtones

2019-12-11

La pluralité du lien au territoire chez les autochtones

S'il est bien connu que l'attachement au territoire est un élément fondamental au bien-être pour plusieurs peuples autochtones, la représentation de ce qu'est le lien au territoire est loin d'être la même pour tous.

Dans le cadre de sa thèse qu'elle a soutenue le 6 décembre dernier, la doctorante en sciences de l'environnement à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Véronique Landry, a documenté les multiples manifestations du lien au territoire pour les membres de différentes communautés autochtones, selon leur âge et leur lieu de résidence.

La chercheuse a réalisé des entrevues avec des membres de plusieurs communautés qui lui ont permis d'établir que la définition du territoire varie d'une personne à l'autre et qu'elle inclut souvent la ville.

Un questionnaire rempli par 54 membres de deux communautés, Abitibiwinni et Waswanipi, et représentant 4 générations, a révélé que pour les 18 à 30 ans, le lieu identifié comme chez soi était plus souvent la communauté alors que pour les aînés, il s'agissait plutôt de la forêt. Les personnes plus âgées se sont dites préoccupées par la détérioration du territoire et par le fait de ne pas pouvoir le fréquenter autant qu'elles le voudraient. Chez les 18 à 30 ans, certains ont dit n'avoir que peu ou pas de lien au territoire, mais plusieurs jeunes qui délaissent le territoire y reviennent plus tard.

Consultations en foresterie : les jeunes et les urbains « invisibles »  

Dans le cadre de son étude, Véronique Landry a aussi analysé 11 guides de consultation en foresterie. Ce sont les manuels qui définissent les principes qui guident chaque consultation publique, notamment sa durée, les lieux visités, le déroulement, les objectifs de la démarche, etc. La chercheuse a constaté que les façons de faire actuelles font en sorte que certains groupes sont sous-représentés lors des processus de consultation, notamment les autochtones qui vivent en milieu urbain et ceux appartenant à la jeune génération. La tenue de consultations non distinctes et ouvertes pourrait leur permettre de faire entendre leurs voix.

La thèse de doctorat de Véronique Landry s'intitule « Lien au territoire et mino pimatisiwin (santé globale) : manifestations différentes selon les variables géographiques et intergénérationnelles ». Elle a été réalisée sous la direction du directeur de l'École d'études autochtones de l'UQAT, Hugo Asselin et la codirection de la professeure Carole Lévesque de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Source :
Service des communications
UQAT, 9 décembre 2019

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