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La professeure Ève Bélanger reçoit le prix du Meilleur dossier de doctorat avec thèse

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Ève Bélanger est professeure en travail social à l'UQAR.

2019-04-26

La professeure Ève Bélanger reçoit le prix du Meilleur dossier de doctorat avec thèse

La professeure en travail social Ève Bélanger a récemment obtenu le prix Meilleur dossier de doctorat avec thèse de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval. Intitulée « L’expérience vécue par les adolescents endeuillés en processus de résilience. Récits phénoménologiques », sa thèse apporte un nouvel éclairage sur les pistes d’intervention pour soutenir les jeunes confrontés à la mort d’un de leurs proches.

La recherche doctorale de Mme Bélanger propose une description et une interprétation de l’histoire de six jeunes, âgés entre 14 et 17 ans, confrontés à la mort d’un parent ou d’un membre de la fratrie. Ceux-ci ont accepté de se confier sur ce que cette épreuve représente dans leur vie et de s’exprimer sur leur expérience. « Au-delà de la description de l’expérience vécue par les adolescents endeuillés, ma thèse explore leurs stratégies d’ajustement et identifie les ressources de l’environnement qui ont participé à les soutenir au cours de leur deuil. Elle s’inscrit dans une perspective qualitative et recourt à une méthode biographique d’inspiration phénoménologique », explique Mme Bélanger.

La professeure en travail social de l’UQAR s’est particulièrement intéressée aux trajectoires de résilience de ces adolescents qui, malgré leur deuil, continuent d’avancer dans leur vie. À la suite de rencontres individuelles et de groupes de discussion où les jeunes ont pu partager et symboliser leur expérience à l’aide de différents médiums artistiques, elle a rédigé des récits phénoménologiques avec la collaboration de ceux-ci pour mieux comprendre l’expérience vécue par chacun et dégager des éléments de leurs discours.

« Pour mieux appréhender son expérience, chaque jeune a d’abord fait un retour sur le contexte de la mort de son proche. C’est notamment dans les premières réactions relatées qu’on observe des constantes : choc, incompréhension, refus, culpabilité et appréhension face à l’avenir. Les jeunes rapportent également de nombreuses stratégies d’ajustement, reliées tantôt à la perte de l’être cher, tantôt à la reconstruction de leur vie, pôles opposés de leur deuil entre lesquels ils n’ont de cesse d’osciller. En ce sens, l’interprétation des récits fait alterner des stratégies de mise à distance, d’apaisement, et enfin d’intégration », explique la professeure Bélanger.

En plus de souligner le soutien de leur famille, de leurs amis, des ressources scolaires et professionnelles, les participants ont également évoqué les écueils auxquels ils ont fait face dans leur deuil. « Les jeunes ont énoncé avec une remarquable transparence ces nombreux défis. On peut penser ici à certaines relations nocives où s’est exercée de l’intimidation en rapport avec le deuil ou encore à certaines problématiques de santé mentale sous-jacentes à cette difficile traversée dans leur vie. Ils savent également formuler leurs attentes à l’égard des ressources qui les entourent, par exemple une présence constante de la part des amis, des gestes de générosité ou encore la nécessité d’une formation spécialisée sur le deuil pour les intervenants scolaires ou des milieux cliniques », précise Mme Bélanger.

En donnant la parole à des jeunes confrontés à la mort d’un proche, la thèse « L’expérience vécue par les adolescents endeuillés en processus de résilience. Récits phénoménologiques » permet d’avoir une perspective nouvelle sur les meilleures façons de les accompagner dans leur deuil. « La visée première de mon étude était de les faire parler de leur expérience afin que les jeunes eux-mêmes contribuent tant à l’élaboration des connaissances dans le domaine qu’à la transformation des pratiques professionnelles en travail social. Leur parole, pour notre plus grand bénéfice, ouvre à la fois sur des modalités de soutien pour les jeunes confrontés au deuil et leurs proches, et sur des pistes d’intervention concrètes, propices à renouveler la vision du phénomène », conclut la professeure Ève Bélanger.  

Source :
Jean-François Bouchard
UQAR, 26 avril 2019

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