Le stockage d’énergie thermique adaptatif au service de la croissance verte | Réseau de l'Université du Québec

Le stockage d’énergie thermique adaptatif au service de la croissance verte

2019-10-08

Le stockage d’énergie thermique adaptatif au service de la croissance verte

Didier Haillot s’intéresse autant au développement de la connaissance qu’à l’application industrielle. Le jeune professeur-chercheur qui nous arrive de l’Université de Pau -- et qui se joint à l’équipe du Département de génie mécanique de l’ÉTS -- précise qu’il se sent aussi bien en sarrau dans un laboratoire à développer des matériaux composites ou derrière son ordinateur à utiliser des outils de modélisation numérique, qu’au grand air, à Kuujjuaq par exemple, en train de peaufiner un système de stockage thermique dans des serres communautaires qui permettent de cultiver des légumes en plein Nunavik (une tonne de légumes, fruits et herbes aromatiques par an !). 

Il apporte à l’ÉTS un précieux bagage de connaissances et d’expérience à l’égard de thématiques de recherches liées au développement de matériaux et procédés pour l’efficacité énergétique des bâtiments et des industries. Le stockage thermique de l’énergie ayant jusqu’ici constitué son activité de recherche principale, il s’est aussi intéressé à la caractérisation des hydrates de gaz. Aujourd’hui, la modélisation et l’analyse de systèmes énergétiques complexes constituent l’un des axes les plus importants de ses travaux de recherche.

Parcours universitaire et professionnel

Un baccalauréat et une maîtrise en physique-chimie ayant fait de lui un généraliste, sa formation s’est par la suite axée vers l’ingénierie des systèmes énergétiques. Après une spécialisation en énergie solaire et un doctorat en génie des procédés de l’Université de Perpignan, M. Haillot a fait un postdoctorat à l’Agence aérospatiale allemande, où il a notamment travaillé au sein de l’équipe des technologies thermiques du Centre des techniques thermodynamiques de Stuttgart.

Les travaux de recherche du chercheur ont très tôt été associés à un partenaire industriel. Ainsi, sa thèse de doctorat a été financée par la société française Saunier Duval, membre du groupe industriel Vaillant. Son projet associait expérience (réalisation et test d’un prototype) et modélisation numérique, avec comme objectif l’amélioration des systèmes solaires thermiques par ajout de composites à fort potentiel énergétique (assurant à la fois la fonction de stockage thermique et d’absorbeur de flux solaire). 

Après une incursion dans l’industrie auprès de la start-up Sophia Antipolis Énergie Développement (rachetée en 2013 par la société Viessmann), qui développe des champs solaires thermiques innovants et où il assumait la responsabilité du pôle R et D, M. Haillot a ressenti le besoin de concilier ses activités de recherche et des activités d’enseignement. Il a donc intégré le monde universitaire dès l’automne 2011 comme maître de conférences à l’Université de Pau, où il se trouvait jusqu’à sa récente arrivée à l’ÉTS. Notons qu’il détenait au sein de notre établissement le statut de professeur associé depuis 2015, en raison d’une collaboration dans le cadre d’un projet de recherche.

Ses projets

À l’ÉTS, le professeur Haillot souhaite axer ses recherches sur le stockage d’énergie thermique adaptatif, qui présente trois intérêts majeurs : celui de pallier l’intermittence des sources d’énergie renouvelable, de niveler les pics de consommation et d’assurer un fonctionnement fiable d’installation dans des bâtiments ou procédés dits « critiques ». Il a identifié quelques cas d’étude éventuels -- solaire thermodynamique, batterie de Carnot -- qui pourraient ouvrir la voie à de nouvelles collaborations, ce qu’il envisage avec enthousiasme. 

Le chercheur poursuivra par ailleurs également sa participation au projet de gestion énergétique d’une serre en climat nordique, avec notamment le suivi d’un système de stockage thermique mis en place à Kuujjuaq au Nunavik depuis 2018, et en développant des outils numériques afin d’en étudier les performances. 

Didier Haillot s’intéresse aussi vivement au volet énergétique de l’agriculture urbaine, et il entend mettre en œuvre plusieurs projets collaboratifs transdisciplinaires dans ce domaine, reliant sciences physiques, agronomie, sciences sociales et architecture. Avis aux candidats à la maîtrise ou au doctorat qui s’intéressent à ces sujets.

Source :
Service des communications
ÉTS, 8 octobre 2019

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