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Programmeur de sensations fortes

2018-05-17

Programmeur de sensations fortes


Ernest Yale Photo: Nathalie St-Pierre

Lauréat 2018 du prix Reconnaissance pour la Faculté des sciences, Ernest Yale vend ses attractions immersives à travers la planète.

Série Prix Reconnaissance UQAM 2018
Sept diplômés de l'UQAM seront honorés à l'occasion de la Soirée Reconnaissance 2018 pour leur cheminement exemplaire et leur engagement. Ce texte est le quatrième d'une série de sept articles présentant les lauréats.

Ernest Yale (B.Sc.A. informatique de gestion, 2000) a développé très jeune une passion pour l'informatique. « La polyvalente avait acheté des ordinateurs Commodore 64, mais aucun professeur ne savait s'en servir, raconte-t-il. Nous expérimentions le langage BASIC par nous-mêmes avec les ouvrages de référence qui étaient fournis et j'ai tout de suite compris les algorithmes, les variables et les boucles. » Pour le plus grand bonheur de ses amis, il parvient à l'époque à recréer des jeux comme Pac-Man, Space Invaders ou Jungle Hunt. Trente ans plus tard, son cercle d'amis s'est considérablement élargi: c'est toute la planète qui s'amuse dans les attractions immersives conçues par son entreprise, Triotech.

Ernest Yale s'est d'abord inscrit à l'UQAM à titre d'étudiant libre, après un bref passage à Polytechnique. «J'ai suivi un cours de programmation avancée et j'ai adoré! Le professeur m'avait même trouvé un stage d'été dans une compagnie multimédia qui s'appelait Micro-Intel, où j'ai travaillé comme développeur logiciel de 1993 à 1996.»

En parallèle, il s'inscrit au baccalauréat en informatique de gestion, où il rencontre Jean-François D'Arrisso (B.Sc.A. informatique de gestion, 1997), avec lequel il fonde une entreprise, ACI informatique, qui développe, entre autres, des logiciels multimédia. «J'ai dû poursuivre mes études à temps partiel à raison d'un cours par session pour parvenir à obtenir mon bac, car mes autres projets prenaient toute la place», se rappelle-t-il.

Saisir l'occasion d'affaire

En 1999, des clients se pointent chez ACI avec une machine d'arcade pour laquelle ils souhaitaient obtenir un logiciel. «On dit souvent qu'il faut savoir saisir l'occasion quand elle se présente. J'ai offert à ces deux clients de fonder une nouvelle entreprise pour concevoir des petites machines d'arcade.» Triotech était née.

Fasciné par les histoires à concevoir pour chaque machine – dans le jargon on parle de gameplay, l'expérience de jeu Ernest Yale pousse pour développer de plus grosses machines, à deux places, puis à quatre places, puis des théâtres à huit places ou plus. L'entreprise conçoit en 2004 Madwave Motion Theater, un jeu d'arcade à deux places dont les sièges bougent. Un an plus tard, elle propose le XD Theater, une attraction immersive et modulable de 4 à 100 sièges.

En 2009, Triotech met sur le marché le simulateur Typhoon, qui était encore classé numéro un par l'industrie des jeux d'arcade en juillet 2017. Ce simulateur permet à deux personnes assises côte-à-côte de vivre une immersion dans un univers de montagnes russes virtuelles et de course automobile, avec une accélération de plus de 2G et plus de 400 mouvements à la seconde, incluant du vent!

Deux ans plus tard, l'entreprise ouvre des bureaux à Pékin. La même année, elle met au point une technologie interactive brevetée qui transforme les visiteurs passifs en joueurs actifs, capables d'interagir avec le contenu des images 3D en temps réel et avec les meilleurs effets spéciaux sur le marché.

Un décollage fulgurant

Le point tournant qui propulse Triotech à un niveau supérieur est le lancement de Wonder Mountain's Guardian, en 2014. «Il s'agit d'une attraction hybride qui combine des montagnes russes et des parcours scéniques (dark rides) interactifs, explique l'entrepreneur. L'aventure débute à l'extérieur et se poursuit à l'intérieur, sur 325 mètres de montagnes russes dans cinq niveaux souterrains différents. C'est une aventure médiévale où chacun a un fusil et se bat contre des monstres. À l'Halloween, nous remplaçons le cadre médiéval par une thématique de zombies.»

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Source :
Pierre-Etienne Caza
UQAM, 14 mai 2018

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