Respecter sa faim et s’alimenter sainement

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À la base, l’humain est un mangeur intuitif qui est capable de reconnaitre ses signaux de faim et de satiété.

2019-02-04

Respecter sa faim et s’alimenter sainement

Du mannequin amaigri dans les photos de magazines à la personne en surpoids attablée dans un restaurant de fast food, l’idée que se font les gens concernant les troubles du comportement alimentaire (TCA) est souvent stéréotypée. Pourtant, il existe une panoplie de troubles, dont certains peuvent concerner des personnes qui ont l’air en parfaite forme physique.

Le groupe de recherche Loricorps de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) s’intéresse depuis 2011 aux troubles du comportement alimentaire, une problématique de santé qui touche 300 000 personnes au Québec. Les chercheurs souhaitent profiter de la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires (1er au 7 février) pour rappeler l’importance d’une alimentation équilibrée et du maintien de saines habitudes de vie.

« La première règle serait d’éviter toutes sortes de régimes et de programmes contraignants qui peuvent causer un stress et une pression inutile. Cela crée souvent plus de découragement ou d’anxiété qui peuvent mener à certaines problématiques. À la base, l’humain est un mangeur intuitif qui est capable de reconnaitre ses signaux de faim et de satiété. Il faut donc être à l’écoute de ceux-ci et les respecter », explique Emie Therrien, nutritionniste-diététiste au Loricorps, tout en expliquant qu’on ne peut détecter un TCA chez une personne seulement par sa silhouette.

Les propos de Mme Therrien concordent avec les principes du nouveau Guide alimentaire canadien dans lequel les portions alimentaires ont laissé place aux proportions, une directive considérée comme moins complexe et surtout moins restrictive. Le guide encourage également les Canadiens à prendre le temps de cuisiner, de savourer leurs aliments et de renouer simplement avec la sensation de faim et celle de satiété.

Recherche, formation et intervention

Le Groupe de recherche Transdisciplinaire sur les Troubles du Comportement Alimentaire Loricorps s’est fixé comme mission d’arrimer trois pôles souvent cloisonnés soit la recherche, la formation et l’intervention (modèle R-F-I). En d’autres termes, chez le Loricorps, la recherche appliquée vise l’amélioration des interventions (préventives et thérapeutiques) auprès des personnes présentant des troubles du comportement alimentaire grâce à l’action des étudiants et des intervenants, formés respectivement en formation initiale et continue. Né il y a à peine 7 ans comme laboratoire départemental, le Loricorps (Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les troubles du comportement alimentaire en lien avec la réalité virtuelle et la pratique physique) a connu une croissance exceptionnelle au cours des dernières années. Reconnu depuis 2014 comme laboratoire institutionnel avec une trentaine de chercheurs à son bord, le Loricorps est passé au rang de groupe de recherche en septembre 2018.

Se distinguant par l’utilisation de technologies novatrices comme la réalité virtuelle (Cybercorps), le Loricorps a développé récemment une application (Intervenant de poche) qui permet un encadrement plus adéquat aux personnes atteintes TCA qui participent au programme d’intervention du Loricorps.

Reconnu à l’international

Le Loricorps collabore avec de nombreux partenaires dont le Centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse, une importante académie française de formation et de recherche en arts culinaires dont la réputation est connue à travers le monde.

Cette collaboration vise à coordonner les actions et promouvoir, de manière régulière et durable, les relations scientifiques, pédagogiques, et de services à la collectivité dans le cadre des recherches respectives sur les populations souffrant de troubles du comportement alimentaire. Tout comme le Loricorps, le Centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse, plus particulièrement son Food Cognition Group, est très actif en recherche. Il diffuse de nombreuses publications scientifiques sur les mécanismes cognitifs qui sous-tendent les comportements alimentaires à risque, notamment les troubles du comportement alimentaire (rejets alimentaires, hypersélectivité alimentaire, anorexie mentale, etc.).

Source :
Jean-François Hinse
UQTR, 1er février 2019

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