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Transformer les microalgues en bio-usines de cannabinoïdes

2020-09-02

Transformer les microalgues en bio-usines de cannabinoïdes

Professeure au Département de chimie, biochimie et physique de l’UQTR, Isabel Desgagné-Penix vient de se voir confirmer d’importantes subventions totalisant plus de 1,5 million de dollars, pour poursuivre ses travaux de recherche visant la production écologique et à grande échelle de cannabinoïdes, grâce aux microalgues.

Ce financement provient de trois sources : le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) du Canada (subvention Alliance, 572 862 $), l’entreprise en biosynthétique Algae-C (286 431 $ en argent, 292 431 $ en contributions diverses) et l’organisme Mitacs (programme Accélération, 375 000 $).

Les fonds obtenus serviront tout particulièrement à concrétiser la fabrication, par des algues microscopiques, de deux principaux composants de la marijuana médicale : le cannabidiol (CBD) et le tétrahydrocannabinol (THC). Le but ultime est d’en arriver ensuite à une production industrielle de ces molécules.

Un processus viable, économique et écologique

La professeure Desgagné-Penix a été la première à démontrer que les cannabinoïdes peuvent être produits avec succès dans des microalgues, en insérant des gènes responsables de la production de cannabinoïdes dans les algues grâce à l’ingénierie métabolique.

« De nombreux produits comme les carburants, les médicaments ou les cosmétiques sont actuellement extraits des plantes. Cependant, ces dernières les synthétisent en petites quantités et l’extraction de ces produits est longue et coûteuse. En utilisant des microalgues comme bio-usine, nous pouvons fabriquer des produits naturels végétaux spécifiques, et ce, à moindre coût et dans le respect de l’environnement », d’expliquer la professeure Desgagné-Penix, une experte mondiale du métabolisme spécialisé des plantes.

L’utilisation des microalgues exige moins de lumière, moins de nutriments et moins d’espace que la culture traditionnelle de cannabis. « Les microalgues peuvent également être cultivées dans des eaux usées, servant ainsi d’agents de décontamination. Elles contribuent aussi à la réduction des gaz à effet de serre et après avoir joué leur rôle de bio-usine, elles peuvent encore servir de biocarburants », note la chercheuse.

En lien avec ce projet de production microalgale de cannabinoïdes, Isabel Desgagné-Penix bénéficiera de la collaboration des cochercheurs suivants : les professeurs Hugo Germain et Simon Barnabé (Département de chimie, biochimie et physique, UQTR), l’auxiliaire de recherche Fatma Meddeb (UQTR) et le chercheur Jean-François Lemay (Centre national en électrochimie et en technologies environnementales).

Une pionnière de la biochimie végétale

La professeure Isabel Desgagné-Penix contribue de façon marquée à la conception et à la construction de nouveaux systèmes biologiques à des fins utiles pour l’humanité. Au cours de la dernière année, son travail remarquable et avant-gardiste dans le domaine de la biochimie végétale a été souligné notamment par l’obtention du prix Lee-Lorch du Conseil de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université et du Prix Mitacs pour leadership exceptionnel.

Outre ces distinctions, Isabel Desgagné-Penix est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le métabolisme spécialisé végétal ainsi que de la Chaire de recherche sur l’ingénierie métabolique des microalgues. Elle dirige le Laboratoire de recherche sur le métabolisme spécialisé végétal de l’UQTR, œuvre au sein du Groupe de recherche en biologie végétale de l’Université et est membre du Centre SÈVE, regroupant des chercheurs québécois en sciences du végétal.

Source :
Service des communications
UQTR, 27 août  2020

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