Un site extérieur de recherche en thanatologie s’installe temporairement sur le campus de l’UQTR | Réseau de l'Université du Québec

Un site extérieur de recherche en thanatologie s’installe temporairement sur le campus de l’UQTR

Image de l'article

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada 150 en thanatologie forensique, la professeure Shari Forbes est photographiée ici en compagnie d’étudiants-chercheurs, avec lesquels elle mènera différentes expérimentations sur le site extérieur de recherche en thanatologie du campus de l’UQTR. Dans l’ordre habituel: Emily Pecsi (étudiante à la maîtrise en sciences biomédicales), Darshil Patel (étudiant au doctorat sur mesure, taphonomie forensique), Shari Forbes (professeure au Département de chimie, biochimie et physique), Karelle Séguin (étudiante au baccalauréat en chimie, profil criminalistique), Rushali Dargan (étudiante au doctorat sur mesure, taphonomie forensique) et Ariane Durand-Guévin (étudiante au baccalauréat en chimie, profil criminalistique). Photo: Josée Beaulieu 

2019-05-29

Un site extérieur de recherche en thanatologie s’installe temporairement sur le campus de l’UQTR

De la mi-juin à la fin août, un laboratoire extérieur de recherche sur la décomposition cadavérique sera installé sur le campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), pour la réalisation d’études en thanatologie sur trois carcasses de porcs. Ce site temporaire permettra à des chercheurs, notamment du domaine de la criminalistique, d’acquérir de précieuses données liées aux processus de décomposition des corps. 

Situé dans une zone boisée et moins fréquentée du campus, à bonne distance des pavillons et résidences universitaires, l’emplacement du site a été choisi pour minimiser les impacts sur la population environnante. Les odeurs dégagées par ce type d’expérimentation ne devraient pas être perceptibles au-delà de 20 mètres.

Ce laboratoire extérieur occupera un espace d’environ 150 m2. Il sera délimité par une clôture restreignant la vue et surveillé par des caméras. À l’intérieur du site, trois cages seront installées afin de recevoir chacune une carcasse de porc. Cet aménagement protégera les restes porcins de certains animaux.

Afin d’informer les promeneurs éventuels de la présence de ce site de recherche, des affiches seront placées sur la clôture et dans les environs. Outre un avis de se tenir à distance, ces affiches comporteront également les coordonnées de personnes-ressources.

« Nous remercions les usagers du campus de bien vouloir éviter l’emplacement de ce site de recherche, en demeurant dans les sentiers parcourant les boisés. Grâce à la collaboration de tous, nous pourrons mener différents tests et expérimentations fort importants pour la suite de nos travaux scientifiques », d’expliquer la professeure Shari Forbes, titulaire de la Chaire de recherche du Canada 150 en thanatologie forensique.

Dans le respect des normes

Avant d’installer ce site de recherche sur son campus, l’UQTR s’est assurée d’obtenir toutes les autorisations requises. Ce projet de laboratoire extérieur a reçu l’aval du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, de la Direction de santé publique et responsabilité populationnelle du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec ainsi que du comité de développement durable de l’UQTR.

Un projet pilote en lien avec le futur SSRT

L’utilisation de ce site temporaire de recherche sur le campus permettra à l’équipe de la professeure Forbes de se préparer en vue de l’opération du futur Site sécurisé de recherche en thanatologie (SSRT) de l’UQTR, lequel sera installé prochainement sur un terrain appartenant à la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

Le SSRT sera un laboratoire de recherche extérieur hautement sécurisé, dédié à l’étude de la décomposition cadavérique humaine en milieu naturel. Unique au pays et en climat nordique, il permettra à de nombreux chercheurs d’en apprendre davantage sur la façon dont les conditions environnementales et climatiques canadiennes influencent la dégradation d’une dépouille humaine. Ces renseignements seront d’une grande utilité pour les forces de sécurité, notamment dans les cas d’homicides et de personnes disparues. 

« Le site de recherche temporaire sur le campus de l’UQTR servira à différentes expérimentations sur des carcasses de porcs, avant la mise en place du SSRT. Nous testerons notamment des capteurs, des caméras et des instruments de collecte de données. Nous évaluerons aussi nos méthodes de cueillette d’échantillons, notamment pour des spécimens d’odeurs, de tissus, de sol ou de végétation. Ces tests liés à des restes porcins serviront à valider nos méthodes de collecte d’information », rapporte la professeure Forbes.

Plusieurs chercheurs fréquenteront régulièrement ce laboratoire extérieur situé sur le campus. Outre les tests prévus, les scientifiques s’intéresseront à la présence et à l’action des insectes sur les carcasses de porcs. Une fois les expérimentations terminées, tous les éléments du site (clôture, cages, restes porcins, etc.) seront retirés de leur emplacement.

Pourquoi des porcs?

En raison de leur similarité physiologique et biochimique avec les humains – notamment par l’absence de fourrure épaisse ou autre couvert de la peau – les porcs sont considérés comme des substituts acceptables pour certaines études sur la décomposition cadavérique, dans le domaine de la criminalistique. L’utilisation de carcasses de porcs permet le développement et l’optimisation de méthodes d’analyse, avant de procéder à l’expérimentation scientifique sur des dépouilles humaines provenant de donneurs volontaires. 

Source :
Service des communications 
UQTR, 28 mai 2019 

Toutes les actualités de l'UQTR >>>