L’université publique

Présidence : Dorval Brunelle (Université du Québec à Montréal)

L’UQ, l’université du Québec

Pierre Lucier (Institut national de la recherche scientifique)

RÉSUMÉ

La question la plus tenace concernant l’Université du Québec est sans doute celle de la nature même de son statut institutionnel comme université établie par une loi publique et portée par une volonté politique explicite. Alors que le Québec des années 1960 a composé avec les universités existantes, l’Université du Québec a été explicitement voulue par l’Assemblée nationale: c’est une institution « désirée », définie selon les paramètres dominants de la Révolution tranquille. Traduit dans sa loi constitutive, dans son mode de gouvernance, dans ses rapports avec les instances gouvernementales, dans son insertion dans le système universitaire, ce dessein initial n’a pas cessé d’alimenter les discussions sur la nature exacte de cette université dite publique et d’accompagner l’évolution de ses dynamiques internes et externes.

À la lumière des repères législatifs qui formatent l’Université du Québec, des faits et gestes des pouvoirs publics qui ont encadré son fonctionnement, des orientations prises par ses propres instances décisionnelles, des régulations exercées sur elle par les divers rouages du système universitaire, l’intervenant souhaite contribuer à baliser l’analyse de la question. Il s’interrogera notamment sur le bien-fondé de l’idée récente selon laquelle l’Université du Québec se distinguerait en ce qu’elle ne serait « pas une université à charte ».

L’Université du Québec comme modèle d’université de type service public : évolution et diversification

Catherine Larouche (Université du Québec à Chicoutimi), Denis Savard (Université Laval) et Lucie Héon (Université Laval)

RÉSUMÉ

Les réformes adoptées à la suite du Rapport Parent ont établi les fondements du système d’éducation québécois actuel. La création de l’Université du Québec en 1968 a concrétisé à l’ordre universitaire l’objectif principal de ces réformes, soit la démocratisation de l’accès à tous les niveaux de l’enseignement. Depuis, les universités, tout en préservant leur mission fondamentale et en défendant leur autonomie institutionnelle, se sont adaptées aux contextes et aux besoins diversifiés d’une société en continuel changement, adaptation qui a mené à une diversification du modèle universitaire.

Cette communication propose les objectifs suivants :

  • Documenter la conception service public des universités à partir des documents fondateurs de l’Université du Québec.
  • Analyser l’évolution et la diversification de cette conception, à partir de discours de président(e)s de l’Université du Québec et de représentants des constituantes dans les rapports annuels de l’Université du Québec de 1969 à aujourd’hui.

Cette analyse portant sur les documents de fondation et les rapports annuels à différentes époques sera effectuée en fonction de la typologie de Larouche (2011) qui comporte sept conceptions des universités (service public, académique, marché, entrepreneuriale, politique, milieu de vie, apprenante) définies selon sept dimensions (valeurs et principes; système de gouvernance; stratégies; enseignement; recherche; évaluation de la performance; critères d’évaluation).

PowerPoint accompagnant la présentation 

Une institution publique dans l’effervescence culturelle

Louis Jacob (Université du Québec à Montréal)

RÉSUMÉ

Depuis cinquante ans, les réflexions critiques se sont multipliées non seulement à l’endroit de « la culture », pour en montrer ne serait-ce que la complexité, la relativité et la diversité, mais aussi bien à l’endroit du « développement », qui s’avère conflictuel, voire contradictoire. Nous cherchons à montrer que depuis sa naissance l’Université du Québec (UQ) est au cœur des grands débats et des transformations de la culture, de ses idées comme de ses pratiques, et nous soulignons quels sont les contributions du réseau dans une période de profonds changements, une période qui n’est semble-t-il toujours pas prête à se refermer. Sans malheureusement pouvoir nous arrêter aux réalisations artistiques ou culturelles elles-mêmes qui émanent des communautés universitaires et de leurs environnements dans tous les secteurs, nous proposons une analyse de l’institution publique qu’est l’UQ selon quatre axes : 1) les débats sur l’éducation et l’enseignement supérieur, notamment en ce qui concerne l’enseignement des arts; 2) la culture et les dynamiques régionales; 3) la démocratisation de la culture, c.-à-d. les infrastructures, l’accessibilité, la professionnalisation, l’expertise, la diffusion et le rayonnement culturel; 4) enfin, les initiatives et l’influence de l’institution dans le paysage actuel de la production et de l’expression culturelles, sous toutes leurs formes.