Forum du 50e de l'Université du Québec

Ensemble pour l’Université de demain

7 et 8 novembre 2018, au Centre des congrès de Québec

L’année 2018 marque les 50 ans de fondation du réseau de l’Université du Québec.
Le moment est propice pour se questionner sur le chemin parcouru par cette institution du Québec moderne, sur son devenir et sur celui de l’enseignement supérieur dans la société québécoise.
Ce forum permettra notamment de débattre :

  • de l’apport (passé, actuel et à venir) du réseau de l’Université du Québec au développement du Québec;
  • des attentes sociétales à l’égard de ce réseau d’établissements d’enseignement supérieur;
  • des pratiques universitaires actuelles et en devenir;
  • des rôles et contributions du milieu universitaire à la société du 21e siècle.

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Problématique détaillée

L’année 2018 marque les 50 ans de création de l’Université du Québec. Le moment est propice pour rappeler les motivations à l’origine de cette nouvelle institution que s’est donnée le Québec moderne. Dédiée dès sa création à sa mission complète d’accessibilité à l’enseignement supérieur pour l’ensemble de la population québécoise, de développement scientifique et de service à la communauté, son modèle unique en réseau a privilégié la plus grande accessibilité géographique, sociale et intellectuelle au savoir et à la culture. Il est aussi pertinent de se questionner sur le chemin parcouru ainsi que son devenir : quels ont été les apports de l’Université du Québec au développement du Québec? Quels facteurs internes et externes affectent son développement actuel et prévisible? Quelles contributions sont désormais attendues d’elle par la société québécoise? Des perspectives nouvelles pourraient-elles être saisies pour ajuster à l'avenir prévisible les fonctions des établissements et la vie en réseau?

Ces questions renvoient plus largement au rôle de l’institution universitaire dans un contexte différent de celui des années 1960 qui a vu naître l’UQ. De nombreux phénomènes pressent les universités, comme institution et comme organisation, à actualiser leur rôle, ou du moins leurs façons de faire. La mondialisation des économies, les mobilités croissantes, l’avènement des technologies dans le quotidien, les aspirations et le rapport au temps et au savoir des jeunes générations, les besoins accrus de formation de professionnels qualifiés et de citoyens engagés, pour ne nommer que ceux-ci, ont des incidences dans tous les aspects de sa mission, l’éducation comme la recherche et les services à la collectivité. En 2000, dans un document intitulé Pour mieux assurer notre avenir collectif. Politique québécoise à l'égard des universités, le ministère de l’Éducation du Québec résumait :

L’université est une institution en évolution. Depuis sa création, elle a su s’adapter aux conjonctures économique, sociale, politique et culturelle de son temps. Au début du XXe siècle, l’université fait un pas de géant : elle devient une institution moderne et contribue à l’essor des sociétés en ouvrant grandes les portes de la connaissance. Dans la seconde moitié du siècle, l’institution se démocratise et nous assistons à l’émergence de l’éducation de masse. À l’aube du XXIe siècle, la mondialisation de l’économie, l’interdépendance entre le développement économique et les avancées scientifiques et technologiques, les demandes croissantes en matière de recherche et l’importance de l’institution universitaire dans le tissu social commandent une réflexion sur le rôle de celle-ci.

Depuis la publication de ce document gouvernemental, près de vingt ans se sont écoulés. Des développements importants ont pris forme qui questionnent l'université contemporaine en général dont, par exemple, le développement continu et transformateur des technologies d'information et de communication, l'évolution de la mondialisation, les revendications de diverses minorités des sociétés, la généralisation des classements mondiaux des universités, des contraintes budgétaires plus lourdes affectant le financement des établissements. En outre, on peut appréhender une érosion de piliers fondamentaux de l'institution universitaire telles la liberté académique, l'autonomie de gestion, la collégialité. Surtout, on peut se demander si l’université est toujours bien en phase avec la société contemporaine. C’est ce que laisse à penser le très troublant constat récurrent selon lequel l’éducation supérieure ne semble pas une priorité sociale et politique par rapport à d’autres préoccupations.

Au Québec même, le « Printemps érable » de 2012 a été l'occasion de débats houleux et passionnés sur la nature et la raison d'être de l'institution universitaire. Des visions antagonistes de l'université se sont affrontées sur la place publique. En durcissant les positions des uns et des autres, deux discours difficilement conciliables y ont été entendus :

  • d'une part, le discours définissant l'université comme institution au service de la société et de l’économie du savoir, ayant pour fonction essentielle de former et de développer les connaissances nécessaires à la productivité et à la compétitivité des entreprises et de l'économie nationale dans la concurrence économique mondiale ou encore des spécialistes fonctionnels pour l'efficacité des organisations de santé, d'éducation, de culture, de gouvernement;
  • d'autre part, le discours de l'université comme lieu de la libre aventure de l'esprit humain, de la recherche libre, de la création autonome, de la critique des injustices du monde, comme lieu d'une expérience libre de formation individuelle sans priorité utilitaire, comme lieu institutionnel indépendant par rapport aux pouvoirs économiques, politiques, culturels en place, comme partenaire émancipateur des groupes moins nantis (en richesse, pouvoir, culture) de la société.

En somme, les uns tenaient pour l'université « de service », les autres pour l'université autonome et critique. Quoiqu’énoncées de façon caricaturale, ces visions s’expriment encore dans les débats, à l’heure actuelle du plein-emploi et de la pénurie de main d’œuvre qualifiée.

Tout en constatant que ces visions induisent souvent des antagonismes forts, pourraient-elles être envisagées comme une tension fondatrice du modèle contemporain, y compris dans les contradictions qu’elles génèrent? Le débat pourrait ainsi être déplacé sur les grandes conditions à mettre en place pour soutenir les institutions qui doivent trancher certains dilemmes, tout en assurant le maintien de la triple mission universitaire et de ses idéaux? De façon plus pragmatique, en admettant que tous les acteurs concernés soient déjà aux prises avec cette tension, peut-on s’inspirer de certaines de leurs pratiques pour gérer une telle tension dans leurs grandes orientations et décisions, comme dans les pratiques plus quotidiennes? Enfin, plus largement en toile de fond, si on retient que l’université peut évoluer, vers quels horizons devrait-on l’orienter pour qu’elle apporte toujours des contributions originales à la société du 21e siècle?

Ces enjeux d’actualisation et de repositionnement de l’institution universitaire interpellent toute la société québécoise. Aussi, pour stimuler un dialogue large, un forum est organisé auquel sont conviés des acteurs provenant de diverses sphères de la société québécoise. Ensemble, ils sont invités à réfléchir et à débattre collectivement à la manière dont le réseau de l'Université du Québec peut rester un outil de développement indispensable pour l'avenir du Québec.

Finalités

  • Contribuer à actualiser les bases du contrat social liant le monde universitaire, l’État et la société québécoise qui pose l’université comme acteur essentiel du développement du Québec et, de ce fait, approfondir le lien de confiance entre l'institution universitaire et ses partenaires;
  • Construire, avec les acteurs concernés, les bases d’une vision d’avenir pour les actions des divers partenaires impliqués dans le devenir de cette institution collective.

Objectifs

  • Reconnaître les tendances structurelles qui influencent les établissements et leur devenir (défis, capacités, ressources), y compris les attentes des « partenaires » sociaux vis-à-vis l’institution universitaire;
  • Identifier les acteurs et déterminer leurs responsabilités partagées concernant l’éducation supérieure et le développement scientifique et culturel comme chantier sociétal;
  • Ajuster les rôles des établissements universitaires, et en particulier ceux du réseau de l’Université du Québec, par rapport à l’avenir du Québec et de toutes ses régions;
  • Faire connaitre, comprendre et apprécier les façons de faire et pratiques innovantes en matière d’enseignement, de recherche et de services aux collectivités.