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Moucherel, 1736 / Lépine, 1747 / Isnard, 1779 Puget, 1904 / Formentelli, 1981
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Petite ville à l'époque romaine, Albi était, dès le Ve siècle, le siège d'un diocèse relevant de la métropole de Bourges. Au VIIIe siècle, la ville devint alors le siège d'une seigneurie autonome, qui sera réunie deux siècles plus tard au comté de Toulouse. Ce n'est qu'au Xe siècle que le nom de Sainte-Cécile apparaît et qui remplace le nom de Sainte-Croix donné jusqu'alors. Durant toute la période de rattachement à Toulouse, Albi fut le théâtre de nombreuses querelles jusqu'à la fin de la guerre des Albigeois. Bien qu'étant au coeur de l'hérésie cathare (elle fut prise en 1215), Albi ne souffre pas de la croisade que le pape Innocent III lance pour venger l'assassinat de son légat, Pierre de Castelneau, le 14 janvier 1208 et pour écraser l'hérésie cathare qui prendra fin par le traité de Meaux en 1229. La vieille cathédrale est sérieusement mise à mal par une série d'émeutes dues à des conflits avec les habitants qui luttent pour leurs libertés municipales. En 1249, Albi est rattachée à la France.
L'évêque Durand entreprend un semblant de restauration. Son successeur sera le véritable constructeur. Nommé évêque en 1277, Bernard de Castanet décide de construire un nouvel édifice dont il posa la première pierre le 15 août 1282. Mais la nouvelle cathédrale ne remplaça pas aussitôt l'ancienne église qui subsista. Pendant vingt ans, le chapitre consacra à cette oeuvre tous ses revenus. En 1306, le choeur était en partie construit. En 1317, le pape Jean XXII démembrait le diocèse au profit du siège de Castres. Vers la fin du XIVe siècle, pendant l'invasion anglaise, on construisit le clocher, du moins les trois étages inférieurs et on peut dire que la cathédrale fut terminée dans les années 1390-1397 sous l'épiscopat de Guillaume de La Voûte. Le gros oeuvre était achevé, mais de multiples modifications allaient encore y être apportées dans les décennies suivantes.
Cette église-forteresse de briques rouges est proprement unique de son espèce. Ce matériau, employé dans un souci de simplicité et d'économie, provient des nombreuses carrières d'argile que l'on retrouve dans la région. Redoutant de nouvelles révoltes, son initiateur en fit une véritable forteresse dominée par un clocher-donjon haut de 78 mètres (256 pieds) et flanquée de contreforts semi-circulaires. Pour ne laisser aucune prise à l'assaissant, le bâtiment est un édifice lisse. Ici, point de ces arcs-boutants en usage dans les cathédrales du Nord: c'est à l'intérieur que les contreforts s'épaississent pour supporter les voûtes. Aucun ornement n'annonce une église et la bizarrerie de sa forme n'est pas rachetée par son élégance. Elle n'a point de façade et le seul portail, situé au sud et défendu par une avant-porte fortifiée du XVe siècle, est surmonté d'un somptueux baldaquin flamboyant en pierre blanche, dressé par Louis II d'Ambroise entre 1520 et 1535. Comme la cathédrale est bâtie sur une hauteur assez escarpée, le niveau de la rue de ce côté est de plus de 9 mètres (30 pieds) plus bas que le pavis de l'église. Il faut gravir une cinquantaine de marches pour parvenir au niveau du sol inférieur de l'édifice.
L'intérieur, chef d'oeuvre insigne du gothique méridional, forme une seule et immense nef de 11 travées (100 mètres/328 pieds de longueur, 30 mètres/98 pieds de largeur et 30 mètres/98 pieds de hauteur), dépourvue de transept, de collatéraux, et de déambulatoire, et terminée par un hémicycle à sept pans. Les contreforts extérieurs se retrouvent à l'intérieur sous forme de hauts piliers entre lesquels sont situées les chapelles. Celles-ci s'élevaient jadis jusqu'à la hauteur de la voûte, mais, au XVe siècle, elles furent dédoublées, la partie supérieure se transformant en tribunes avec balustrades de pierre. Malheureusement, les hautes et étroites fenêtres se trouvaient dans cette partie supérieure et il fallut en ouvrir d'autres pour éclairer ce qui était devenu les chapelles proprement dites.
Le jubé et la clôture du choeur, édifiée durant la seconde moitié du XVe siècle, sont d'une opulence flamboyante extrême: ils délimitent 120 stalles surmontées de statuettes d'anges que couronnent des dais ouvragés avec minutie. Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, la clôture est décorée de figures de prophètes et d'apôtres. Toutes les parois de la cathédrale sont revêtues de peintures murales qui se détachent sur le fond d'azur et d'or: celles qui ornent le revers de la façade occidentale et qui illustrent avec réalisme les scènes du Jugement Dernier furent exécutées par un artiste français de l'extrême fin du XVe siècle; celles qui recouvrent la voûte et les chapelles sont dues à un atelier bolonais qui travailla de 1509 à 1512 et qui illustra des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
La cathédrale fut consacrée le 23 avril 1480 par Louis Ier d'Ambroise, nommé évêque en 1473. Par testament, Louis Ier demanda que soit construite une tour qui abriterait les cloches, suffisamment haute pour être vue de partout. C'est ainsi que sur les trois premiers étages on en éleva trois autres, qui portèrent la hauteur totale à 78 mètres (256 pieds) au-dessus du sol.
Pendant la Révolution, la cathédrale est devenue « Temple de la Raison » et de nombreuses statues du jubé furent abattues, En 1843, comme la cathédrale se trouvait dans un assez piteux état, on confia à l'architecte César Daly le soin d'étudier les restaurations possibles. Il étudia avec précision l'architecture du monument et établit un projet. En 1849, son projet fut mis en adjudication. Il y travailla trente ans, avec la minutie la plus parfaite. Il suréleva la toiture en ouvrant des combles au-dessus de la nef. Il fut, pour cela, hausser les murs de plus de 7 mètres (23 pieds) et les décorer de clochetons qui seront supprimés à la fin du XIXe siècle.
Isolée sur son escarpement rocheux, la cathédrale d'Albi a retrouvé, pour toujours, son imposante et terrifiante silhouette.
L'orgue
Cet instrument majestueux surprend par ses dimensions (16,4 m/54 pieds de large et 15,6 m/51 pieds de hauteur). Placé au sommet de la fresque du Jugement Dernier, au-dessus du choeur et de l'autel (et de ce fait face à l'assemblée), il se laisse contempler dans l'environnement luxuriant des peintures de l'édifice.
Il est l'oeuvre de Christophe Moucherel qui en a assuré la construction de 1734 à 1736. Il comprend alors quatre claviers manuels (Positif, Grand-orgue, Récit, Echo) et pédalier. Le facteur réalise un buffet somptueusement décoré de statues d'angelots jouant divers instruments de musique.
Cet instrument sera ensuite remanié par plusieurs facteurs d'orgues. Tout d'abord, en 1747, François et Jean-François L'Épine ajoutent des jeux d'anches. Ensuite, en 1779, Joseph Isnard ajoute un cinquième clavier (clavier de Bombarde) qui comprend une batterie de jeux d'anches et un cornet de cinq rangs. En 1824-25, Antoine Peyroulous, facteur de Toulouse, effectue une nouvelle répartition de certains jeux afin de permettre des effets de nuance entre les différents claviers. On dénote aussi une intervention survenue, en 1840-41, par les Frères Claude; des réparations par Junk en 1856; des modifications dont un Récit expressif, par Théodore Maucourt en 1865 et diverses modifications par Puget entre 1865 et 1902.
De 1902 à 1904, le facteur Puget reconstruit l'orgue dans le style romantique tout en conservant certains jeux de Moucherel, L'Épine et Isnard. C'est alors que l'instrument perd son caractère d'origine. À partir de 1950, son état de fonctionnement est préoccupant. Après plusieurs années de réflexion qui ont permis de découvrir l'origine ancienne du matériel, particulièrement au niveau de la tuyauterie, la décision est prise de restaurer l'orgue et non de le reconstruire. C'est ainsi, qu'en 1974, suite au travail effectué par Paul Manuel de la maison Schwenkedel, la partie instrumentale datant de 1734 et 1779 a été classé « monument historique ».
De 1977 à 1981, Bartoloméo Formentelli supervise la restauration qui va consister à reproduire l'instrument de Moucherel en y intégrant les modifications de l'Epine, Isnard et Peyroulous. L'inauguration a lieu en septembre 1981 par Marie-Claire Alain et Michel Chapuis.
Durant l'été 1996, Bartoloméo Formentelli effectue un grand relevage : démontage, dépoussiérage, accord général et ajout de la seconde flûte de pédale. Avec ses cinq claviers, cet instrument est une mécanique complexe et fragile qui demande des soins attentifs et constants.
Le Positif est un positif de dos. La division du Grand-Orgue est placée au centre du corps principal; la Bombarde est placée de chaque côté du Grand-Orgue, et la Pédale, aux deux extrémités du buffet. Le Récit est placé à l'arrière dans la tour centrale tandis que l'Écho est dans le soubassement et au centre du buffet.
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A small city during the Roman era, Albi was, ever since the 5th century, the see of a diocese suffragan of Bourges. In the 8th century, the city became the center of an autonomus seigneury that will be united, two centuries later, to Toulouse. The name of St. Cecile appeared only during the 10th century replacing the name of St. Croix given originally to the church. During all the time Albi was united to Toulouse, Albi was the theatre of numerous quarrels until the end of the Albigensian Crusade. While being at the center of the Cathar heresy (the city was taken in 1215), Albi did not suffer from the crusade Pope Innocent III sent out to avenge the murder of his legate, Pierre de Castelneau, on January 14, 1208, and to crush the Cathat heresy that would end, in 1229, by the Meaux treaty. The old cathedral is is a very bad shape after a series of riots due to conflicts with the residents who fight for their municipal liberties. In 1249, Albi is brought under the government of France.
Bishop Durand undertakes a semblance of restoration. His successor will be the real builder. Appointed bishop in 1277, Bernard de Castanet decides to build a new cathedral whose cornerstone he lays on August 15, 1281. The new cathedral did not immediately replace the old one. For twenty years, the Chapter will allocate all his revenues to the construction of the cathedral. In 1306, the chancel is partly finished. In 1317, Pope Jean XXII eliminated the diocese in favor of Castres. Towards the ends of the 14th century, during the English invasion, the bell-tower was built, at least the first lower storeys. The cathedral was completed in the years 1390-1397 when Guillaume de La Voûte was bishop. The structure was complete but many modifications will be made in the following decade.
This red-brick church-fortress is unique of his kind. This material, used for a matter of simplicity and economy, come from the many clay quarries located in the region. In fear of new riots, its initiator built a real fortress dominated by a 256 feet (78 m) high tower-donjon and flanked by semi-circular butterresses. Not to give any hold to the assailant, the exterior walls are smooth. Here, no flying butterresses as it is the case in northern cathedrals: butterresses get ticker in the inside in order to support the vaults. No ornament foreshadows a church and the strangeness of its shape does not compensate for its elegance. There is no façade and only one portal, located in the south of the building and defended by a first 15th-century fortified door, topped by a sumptuous flamboyant white-stoned baldachino, erected, between 1520 and 1535, by Louis II d'Ambroise. While the cathedral is built on a steep height, the street level on that side is more than 30 feet (9 m) lower than the church's parvis. Ont has to climb about fifty stairs to reach the lower level of the building.
The inside, a remarkable meridional Gothic masterpiece, is a unique and a vast 11-bay nave (328 feet/100 m long, 98 feet/30 m wide and 98 feet/30 m high) without transept, side ailes and ambulatory, and ends with a seven-sided semi-circular apse. Exterior buttresses are found inside as high pillars between which chapels are located. Formerly, the chapels raised up to the vaults but, in the 15th century, they were split, the upper section was converted into galleries with stone balustrades. Unfortunately, the high and narrow windows were located in the upper section, in order to lighten the new chapels, new windows had to be opened.
The rood screen and the chancel enclosure, built during the second half of the 15th century, are of an extreme flamboyant opulence: they delimit the 120 stalls topped by statues of angels and crowned by meticulously embroided canopies. Whether on the inside or on the outside, the chancel enclosure is decorated with figures depicting the prophets and the apostles. All the cathedral walls are paved by paintings that stand out over a sky-blue and gold background. The painting, on the back of the façade wall, depicts scenes of the Last Judgment executed by a French artist at the end of the 15th century. The ones covering the vault and the chapels, depicting scenes from the Old and the New Testament, were executed, from 1509 to 1512, by artists from a Bolognese workshop.
The cathedral was consecrated on April 23, 1480 by Louis Ist d'Ambroise, appointed bishop in 1473. By testament, Louis Ist requested that a bell-tower be built to house the bells. It should be high enough to be seen from everywhere. On top of the first three storeys, three more storeys were added bringing the total height to 256 feet (78 m) above ground.
During the Revolution, the cathedral became a "Temple of Reason" and many statues on the rood screen were destroyed. In 1843, the cathedral was in a very bad shape and architect César Daly was commissionned to study the possible restorations. He carefully studied the architecture of the building and sumbitted a project. In 1849, tenders were invited to execute the project. He muticulously worked on the project for thirty years. He raised the roof by opening the attic above the nave. To do that, walls were raised 23 feet (7 m) and added pinnacle turrets that were removed at the end of the 19th century.
Isolated on its rocky steep slope, the Albi cathedral found, for ever, its imposing and terrifying figure.
The Organ
This majestic instrument surprises by its size (54 feet/16.4 m wide by 51 feet/15.6 m high). Located on top of the Last Judgment fresco, above the chancel and the altar (the instrument faces the assembly), one can contemplate it in the luxuriant environment of paintings.
It was built by Christophe Moucherel who supervised the construction from 1734 to 1736. At the time, it was a four-manual (Positif, Grand-Orgue, Récit, Écho) and pedal instrument. The organbuilder executed the organcase lavishly decorated with statues of angels playing various music instruments.
Afterwards, the instrument was modified by various organbuilders. First, in 1747, François and Jean-François L'Épine added reed stops. Then, in 1779, Joseph Isnard added a fifth manual (Bombarde manul) containing a reed stop battery and a five-rank Cornet. In 1824-25, Antoine Peyroulos, organbuilder from Toulouse, executed a redistribution of stops in order to obtain nuances between the manuals. Claude Brothers intervened in 1840-41, Junk organbuilder executed repairs in 1856, organbuilder Théodore Maucourt installed an enclosed Récit in 1865, and modifications were executed by Puget in 1865 and in 1902.
From 1902 to 1904, organbuilder Puget rebuilt the organ in the Romantic style while preserving stops from Moucherel, L'Épine and Isnard. It is when the instrument lost its original aesthetics. From 1950, the instrument is in bad shape. After years of consideration that lead to discover the value of ancient material, mainly the pipework, it was decided to restore the instrument and not to rebuild it. Following work executed by Paul Manuel, from Schwenkedel Organbuilders, the pipework, dating from 1734 and 1779, was classified as "historical landmark".
From 1977 to 1981, Bartoloméo Formentelli supervised the restoration that would reproduce the Moucherel instrument while integrating modifications made by L'Épine, Isnard and Peyroulous. The restored instrument was inaugurated, in September 1981, by Marie-Claire Alain and Michel Chapuis.
During the summer of 1996, Bartoloméo Formentelli executed a large renovation : dismantling, dust removal, general revoicing and the addition of a second Flute in the pedal division. With its five manuals, this instrument has a complex and fragile mechanical action that requires attentive and constant care.
The Positif division is a back positive. The Grand-Orgue division is located in the center of the main organcase; the Bombarde division located on each side of the Grand-Orgue division, and the Pedal division, on both extremities of the organcase. The Recit is located in the rear of the central tower while the Echo is located in the lower section and in the center of the main organcase.
I. Positif |
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Montre | 16' | |
| Bourdon | 8' | Bourdon | 16' | |
| Prestant | 4' | Montre | 8' | |
| Flûte à cheminée | 4' | Bourdon | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | Prestant | 4' | |
| Doublette | 2' | Flûte | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Grosse Tierce | 3 1/5' | |
| Larigot | 1 1/3' | Nazard | 2 2/3' | |
| Fourniture 1 1/3' | VI | Doublette | 2' | |
| 1Cornet 8' | V | Quarte de Nazard | 2' | |
| Trompette | 8' | Tierce | 1 3/5' | |
| Cromorne | 8' | Fourniture 2 2/3' | V | |
| Clairon | 4' | Cymbale 1' | V | |
| 1Cornet 8' | V | |||
| Bombarde | 16' | |||
| 1re Trompette | 8' | |||
| 2e Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
III. Bombarde |
IV. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| 1Cornet 8' | V | Flûte | 8' | |
| Bombarde | 16' | Cornet 8' | V | |
| 1re Trompette | 8' | Trompette | 8' | |
| 2e Trompette | 8' | Hautbois | 8' | |
| Voix humaine | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
| 1Trompette en chamade | 8' | |||
V. Écho2 |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Flûte | 16' | |
| Prestant | 4' | Flûte | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | Flûte | 4' | |
| Quarte | 2' | Bombarde | 16' | |
| Tierce | 1 3/5' | Trompette | 8' | |
| Fourniture 2/3' | III | Clairon | 4' | |
| Cromorne | 8' | |||
| 1 | à partir de / from: c1 | |
| 2 | avec des portes de type Brustwerk / with Brustwerk-type doors |