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Cavaillé-Coll, 1882 Benoist et Sarelot, 1971
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La construction de la première cathédrale de Sées, due à l'évêque saint Latuin, remonte à 440. Elle est alors dédiée à saint Gervais et saint Protais. Cette première construction est détruite lors des invasions normandes. Jusqu'à la fin du Xe siècle, les éléments historiques manquent, mais on sait qu'un second édifice, qui ne dure pas plus d'un siècle, est construit durant cette période. L'évêque Azon (986-1006) entreprend une troisième construction. Mais cet édifice est malencontreusement incendié en 1047-48 par son propre évêque, Yves de Bellême, qui voulait déloger des pillards. Une nouvelle reconstruction s'achève en 1126.
Elle est détruite à nouveau par un incendie en 1174. La cathédrale actuelle, dédiée à Notre-Dame, est construite au siècle suivant. Faute de moyens, les fondations sont négligées, ce que fragilise l'ensemble de l'édifice, d'autant plus que le terrain est instable. Le choeur, achevé à la fin du XIIIe siècle, a servi de modèle à l'abbaye Saint-Ouen, de Rouen. L'église encore inachevée est consacrée le 27 septembre 1310 par Philippe le Boulenger, 46e évêque de Sées. Elle subit de graves dommages pendant la guerre de Cent-Ans. Des réparations sont faites au XVe siècle. Au XVIe, la façade menaçant de s'écrouler, on la dote de puissants contreforts.
La cathédrale souffre ensuite des guerres de religion. La charge financière des restaurations suscite des litiges. On laisse la cathédrale se délabrer, au point que son accès est interdit en 1740 pour des raisons de sécurité. Les travaux de restauration sont interrompus par la Révolution. Il faut attendre l'intervention d'un disciple de Viollet-le-Duc, Victor Ruprich-Robert, en 1849, pour que la cathédrale soit entièrement restaurée, depuis les fondations.
À l'extérieur, la façade harmonieuse est considérablement alourdie par les contreforts qui séparent le portail central des portails latéraux. Les trois portails sont abrités sous un vaste porche. Les portails latéraux supportent deux flèches ajourées, agrémentées de clochetons. Le portail central est surmonté de trois baies et d'une courtine ornée d'arcatures brisées. Les sculptures des portails ont été détruites. Les portes ont des arcs trilobés. Les tympans des portails latéraux sont percés d'oculi tréflés. De puissants arcs-boutants viennent contrebuter la nef à chaque travée. Le pignon, précédé d'une balustrade, est encadré par deux pinacles. Les fèches, restaurées en 1978, s'élèvent à 70 mètres du sol.
À l'intérieur, la nef normande comporte sept travées (narthex compris) voûtées d'ogives. Il y a 24 mètres sous voûtes. L'élévation est à trois niveaux. Les grandes arcades retombent sur des colonnes rondes à chapiteaux à feuillages. Une mince colonnette adossée reçoit les ogives. Au-dessus des arcades, le triforium à mur de fond plein est orné de trois groupes de fines arcades, l'arcade centrale étant plus étroite que les deux groupes latéraux. Les fenêtres hautes sont devancées par une fine arcature brisée qui les dédouble, en quelque sorte. Les bras du transept comportent deux travées voûtées d'ogives. Ils sont éclairés par une grande rose et claire-voie. Le choeur français comporte deux travées droites et un rond point à cinq pans. L'élévation est à trois niveaux. Les grandes arcades sont surmontées d'arc en mitre. Le triforium est à claire voie. De larges fenêtres hautes fournissent un éclairage abondant. Le déambulatoire ouvre sur quatre chapelles rayonnantes et une chapelle axiale, plus profonde.
Contemporaire de la Sainte Chapelle de Paris (construite par saint Louis, de 1240 à 1248, pour abriter la couronne d'épines du Christ et des reliques insiques de la Passion), la cathédrale Notre-Dame, de Sées, en a l'élégance et la grâce.
L'orgue
En 1743, le facteur Claude Parisot construit un orgue de 29 jeux répartis sur 4 claviers placé dans un buffet, oeuvre du menuisier Jacques Chapelain, inspiré de celui de l'abbaye de Mondaye. Dès 1847, les facteurs Claude et Henri Parisot effectuent des réparations sur l'instrument.
Après que le facteur Dominique Huet effectue des réparations en 1812, l'instrument est démonté et remonté sur une nouvelle tribune au même emplacement en 1816. En 1868, les frères Louis et Robert Damiens réalisent un relevage et modifient quelque peu la composition. L'organiste Franz-Aloys Klein inaugure l'instrument en mars 1869.
En 1882, l'instrument est complètement reconstruit par Aristide Cavaillé-Coll pour un montant de 45 000 francs. L'orgue, qui comporte 32 jeux et 40 rangs répartis sur 3 claviers et pédalier, est inauguré le 18 janvier 1883.
Un relevage est exécuté par Charles Mutin en 1910 alors qu'une restauration est exécutée par la firme Benoist-Sarelot en 1971.
Le buffet est classé, depuis mars 1976, en tant que « monument historique ».
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The construction of the first cathedral in Sees, by Bishop St. Latuin, goes back to 440. It was dedicated to St. Gervais and St. Protais. This first building was destroyed during the Norman invasions. Until the 10th century, historic details are missing but it is believed that a second church, which will not last more than a century, is built during that period. Bishop Azon (986-1006) begins the construction of a third church but it is burnt down in 1047-48 by its own bishop, Yves de Bellême, while trying to oust looters. A new building will be completed by 1126.
Again, this new building is destroyed by fire in 1174. The actual cathedral, dedicated to Notre-Dame, is built in the next century. Due to lack of funds, foundations are neglected that weaken the whole building, especially as the land is unstable. The chancel, completed at the end of the 13th century, was used as a model for the St. Ouen Abbey, in Rouen. The still incomplete church was consecrated on September 27, 1310 by Philippe le Boulenger, 46th bishop of Sées. The church was badly damaged during the Hundred Years War. Repairs were carried out in the 15th century. Facing the threat of collapse of the façade, in the 16th century, strong butterresses are added.
The cathedral suffers from the War of religions. The financial cost of the restoration stirred up ligitation. The cathedral is left to itself, to a point where access is prohibited, in 1740, due to security reasons. Restoration works are suspended during the Revolution. A complete restauration, from the foundations up, will begin in 1849, under the supervision of Victor Ruprich-Robert, a Viollet-le-Duc's disciple.
On the outside, the balanced façade is considerably made heavier by the addition of butterresses dividing the central portal from the lateral ones. All three portals are included under a huge porch. Lateral portals supports two opened spires, decorated with pinnacle turrets. The central portal is topped by three bays and a curtain decorated by broken arcatures. Portal sculptures have been destroyed. Doors have trefoil archways. Tympanums from the lateral portals are pierced by trefoil oculi. Strong flying butteresses are present on each bay of the nave. The gable, preceded by a railing, is flanked by two pinacles. The spires, restored in 1978, rise to 70 m above the ground.
In the inside, the 24 m high Norman nave is 7-bay long (including the narthex) and is vaulted with diagonal ribs. The elevation has three levels. The large archways fall on round pillars with leave-decorated chapiters. A slender colonnette leaning against the wall received the diagonal ribs. Above the archways, the closed triforium is decorated with three groups of delicate archways, the central one being narrower than the lateral ones. A delicate broken archway is put in front of the high windows. The transept arms are two straight bays long and vaulted with diagonal ribs. There are lighted by a large rose window and clerestory. The French chancel is two straight bay long and ends with a five-wall apse. The elevation has three levels. The large archways are topped by mitered archs. The triforium is clerestory. Large high windows provide abundant light. The ambulatory opens on four radiant chapels and a deeper axial chapel.
Contemporary to the Holy Chapel in Paris (built by St. Louis, from 1240 to 1248, to house Christ's crown of thorn and important relics from the Passion), Notre-Dame cathedral, in Sées, possesses its elegance and charm.
The Organ
In 1743, organbuilder Claude Parisot built an instrument with 29 stops over 4 manuals and located in an organcase, made by master carpenter Jacques Chapelain, based on the one from Mondaye Abbey. In 1847, organbuilders Claude and Henri Parisot executed repairs on the instrument.
Following repairs made by organbuilder Dominique Huet in 1812, the instrument is dismantled and erected at the same place on a new gallery in 1816. In 1868, Louis and Robert Damiens executed a renovation and slightly modified the stoplist. In March 1869, organist Franz-Aloys Klein inaugurated the instrument.
In 1882, the instrument is completely rebuilt by Aristide Cavaillé-Coll at a cost of 45,000 francs. The organ, now a 32-stop and 40-rank instrument over 3 manuals and pedal, is inaugurated on January 18, 1883.
A renovation is carried out in 1910 by Charles Mutin while a restoration is executed by organbuilding firm Benoist-Sarelot in 1971.
Since March 1976, the organcase is classified as an "historical landmark".
I. Positif |
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Bourdon | 16' | |
| Salicional | 8' | Bourdon | 8' | |
| Prestant | 4' | Montre | 8' | |
| Doublette | 2' | Flûte à fuseau | 8' | |
| Tierce | 1 3/5' | Flûte à cheminée | 4' | |
| Larigot | 1 1/3' | Prestant | 4' | |
| Plein Jeu | V | Nazard | 2 2/3' | |
| Cromorne | 8' | Doublette | 2' | |
| Tierce | 1 3/5' | |||
| Fourniture | V | |||
| Cymbale | IV | |||
| Bombarde | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Flûte harmonique | 8' | Contrebasse | 16' | |
| Viole de gambe | 8' | Soubasse | 16' | |
| Voix céleste | 8' | Bourdon | 8' | |
| Flûte octaviante | 4' | Basse ouverte | 8' | |
| Dessus Cornet | V | Flûte | 4' | |
| Trompette | 8' | Bombarde | 16' | |
| Basson-Hautbois | 8' | Trompette | 8' | |
| Voix humaine | 8' | Clairon | 4' | |