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Déry, 1885
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C'est le 15 décembre 1653 que Jean Bourdon reçut en seigneurie le territoire actuel de la paroisse. Bourdon nomma sa seigneurie Dombourg. Plus tard, la seigneurie devint la propriété de Nicolas Dupont, sieur de Neuville, et le nom de Neuville supplanta dès lors celui de Dombourg.
La fondation de la paroisse remonte à 1679 et l'on construisit, à ce moment, une modeste chapelle de bois, de 9,1 mètres (30 pieds) de longueur par 6,7 mètres (22 pieds) de largeur, qui aurait été couverte de chaume. La paroisse fut érigée canoniquement par Mgr. François de Montmorency Laval, évêque de Québec, le 3 novembre 1684 sous le vocable de Saint-François-de-Sales. Le premier curé, l'abbé Jean Basset, ne se rendit dans sa paroisse qu'en août 1685. Comme la chapelle était devenue trop exiguë, on entreprit, en 1696, de construire une première église en pierre de 22,9 mètres (75 pieds) de longueur par 12,2 mètres (40 pieds) de largeur. Toutefois l'édifice ne fut pas achevé avant 1715. Cette première église était ornée d'un retable et d'autres boiseries, de 1717 à la Conquête anglaise. Le sculpteur Charles Vézina y travailla à plusieurs reprises.
Cette église est disparue morceau par morceau, si l'on peut dire, au cours de transformations échelonnées sur près d'un siècle. Aucune partie ancienne ne subsiste, mais il est toutefois facile de dégager le plan du bâtiment original. Il s'agissait d'une église dotée de petites chapelles latérales intérieures et terminée par un choeur, vraisembleblement à pans coupés comme celui qui existe encore.
Les travaux importants commencèrent en 1761: on reconstruisit en entier le sanctuaire. Cette parie est encore visible à l'arrière. C'est un chevet dont l'hémicycle est formé de pans coupés. Ce choeur reconstruit logeait encore le sanctuaire et la sacristie, en arrière d'un retable en arc de triomphe. Ce n'est qu'en 1783 qu'on entreprit une première sacristie, de 8,5 mètres (28 pieds) par 7,6 mètres (22 pieds), dans le prolongement du choeur.
En 1835, les paroissiens demandèrent et obtinrent de Mgr. Joseph Signay, évêque de Québec, la permission de reconstruire la sacristie. De 1836 à 1838, ils érigèrent la construction à deux étages que nous voyons encore au chevet de l'église. Les travaux reprirent en 1854. Cette fois, c'est la nef ancienne qui fut démolie et remplacée par l'actuelle. Il semble bien que l'on ait songé, au départ, à reconstruire entièrement l'église. Mais, faute de moyens et de l'avis de la majorité de paroissiens, on décida de conserver le choeur ancien. La nouvelle section est d'ailleurs mal raccordée au sanctuaire; le plan démontre une inclinaison au chevet.
La nef et la nouvelle façade sont des oeuvres de l'école de Thomas Baillairgé. La nef est divisée en trois vaisseaux, et le décor est complété en plâtre. La façade fut remplacée, en 1915, par l'actuelle. On a recouvert de pierre de taille sombre la façade ancienne, dans le respect des grandes lignes existantes. C'est l'architecte David Dussault, de Québec, qui dressa les plans.
L'église est donc un édifice construit en plusieurs sections; curieusement, dans un ordre chronologique, du chevet à la façade: 1761, le choeur; 1835, la sacristie; 1854, le nef; et finalement 1915, la façade.
Le cas du décor intérieur est aussi complexe que celui du bâtiment lui-même. Après la reconstruction du sanctuaire, en 1761-1763, on procéda à divers travaux d'embellissement intérieur. En 1801, on s'adressa à François Baillairgé pour sculpter deux autels latéraux et, en 1802, la fabrique entreprend le décor du sanctuaire par l'installation du maître-autel. L'entreprise était cependant d'une envergure telle qu'il s'est agi vraisemblablement, non seulement du maître-autel, c'est-à-dire du tombeau et du tabernacle, mais encore de son couronnement: le baldaquin. Ce serait François Baillairgé, architecte et sculpteur de Québec, qui aurait entrepris le baldaquin puisque c'est lui qui a sculpté le maître-autel. Baillairgé venait de terminer le baldaquin de la cathédrale de Québec lorsqu'il se présenta à Neuville.
La première mention du baldaquin se retrouve en 1805 dans les livres de comptes alors qu'on approuve un programme d'embellissement du couronnement du maître-autel. Ces travaux ne furent exécutés qu'en 1827 alors que, depuis un an déjà, les sculpteurs François Normand, François Lafontaine et François Routhier travaillaient à l'installation d'une nouvelle voûte et d'une corniche dans le sanctuaire.
Tel que complété de 1836 à 1830, le choeur, avec son baldaquin de François Baillairgé, est unique au Québec. C'est le meilleur exemple d'une tradition québécoise de sculpture sur bois déjà influencée par un art Ancien régime venu de France.
Le sanctuaire de l'église a été classé « monument historique » en 1965.
L'orgue
L'orgue de la paroisse est installé dans la tribune arrière de l'église. Ce bel instrument continue, comme toujours, à servir principalement au cours des célébrations liturgiques.
L'église de Neuville est une véritable fête pour l'œil non seulement en raison de son décor sculpté mais aussi à cause des nombreux tableaux d'Antoine Plamondon (1804-1895) qu'elle abrite. Elle devient aussi une pure joie pour l'oreille lorsque l'orgue Déry emplit le lieu de la « fraîcheur constante » de ses timbres, suivant la formule heureuse de Gérard Morisset. Si nous sommes redevables à Déry d'avoir construit un instrument qui « chante » si bien, il ne faudrait pas oublier le rôle d'Antoine Plamondon en cette affaire. Sait-on que le peintre a pris à son compte la moitié du coût de l'instrument à condition de pouvoir jouer une pièce « chaque dimanche pendant la grand'messe »?
Vers 1950, on se rend compte que l'orgue a besoin d'être revu. On formule un projet comportant des changements sur le plan sonore. Gérard Morisset intervient alors en faisant valoir l'importance de garder à l'orgue ses sonorités d'origine sans en rien changer. Les travaux, effectués en 1953, ont fait en sorte que l'on a préservé toute la tuyauterie, les sommiers et registres de Déry même si l'on a procédé à l'installation d'une nouvelle console électro-pneumatique et détachée du buffet.
Il semble que cette intervention ainsi que celle effectuée en 1982 ont préservé jusqu'à nous le caractère de l'édifice sonore créé par Déry, même si les douilles ajoutées, on ne sait quand, à la petite tuyauterie, ont pu modifier légèrement le timbre de certains tuyaux et même si le passage à la traction électro-pneumatique a sûrement nui à la vivacité d'attaque de l'ensemble. Ces altérations ne sont heureusement pas irréversibles.
Le Journal de Québec du 6 août 1885 rapporte la visite de quelques organistes réputés à l'atelier Déry pour essayer le nouvel orgue destiné à l'église de Neuville : « Tous n'ont eu que des éloges à faire à M. Déry… » N'est-ce pas merveilleux, après plus d'un siècle, de pouvoir ajouter encore à ces louanges?
Antoine Bouchard
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On December 15, 1653, Jean Bourdon received the parish's actual territory as a seigneury. Bourdon called it Dombourg. Later, he sold his seigneury to Nicolas Dupont, sieur of Neuville, and the name Neuville replaced the old Dombourg name.
The parish was established in 1679 and, at that time, a small wooden chapel was built, 30 feet )9.1 m) long by 22 feet (6.7 m). The chapel's roof was covered with tatch. The parish was canonically established by Bishop François Montmorency Laval, of Québec, on November 3, 1685 under the name of St. François-de-Sales. The first parish priest, Rev. Jean Basset, arrived in his parish in August 1685. In 1696, as the chapel was becoming too small, the construction of a new church began. I will be a 75 feet (22.9 m) long by 40 feet (12.2 m) large building that will be completed only in 1715. From 1717 to the English Conquest, this first church is decorated with a reredos and other panellings. Many times sculptor Charles Vézina came to work in this church.
This church was rebuilt piece by piece during transformations spreaded out over a period of a century. There is no original section left but it is easy to reconstruct the original building's plan. It was a church with small interior small chapels and ending with a chancel, very likely canted, similar to the actual one.
Major construction works began in 1761: the sanctuary was completely rebuilt. This section is still visible in the rear of the building. It is an apse whose semi-circular shape is canted. This chancel housed the sanctuary and the vestry, behind a reredos in the shape of an Arc of Triomphe. The first vestry, 28 feet (8.5 m) by 22 feet (7.6 m) was built in 1783 as an extension to the chancel.
In 1835, parishioners asked abd were granted permission by Bishop Joseph Signay, of Québec, to rebuild the vestry. From 1836 to 1838, they built the two-story building that still can be seen at the church's chevet. Works resumed in 1854. This time, the old nave was demolished and replaced by the actual one. It seems that, at the beginning, the rebuilding process would include the whole church but, due to lack of money and the wish of the majority of the parishioners, it was decided to preserve the old chancel. The new section was badly joined with the chancel; the plan shows an incline in the chevet.
The nave and the new façade show the influence of Thomas Baillairgé's school. The nave is divided into three sections, and the decor is made of plaster. The original façade was replaced, in 1915, by the actual one. Dark freestone covers the former façade but with respect with the existing plan. Architect David Dussault, from Québec, prepared the plans.
The church is a building built in many sections: curiously, in the chronologic order, from the chevet to the façade: 1761, the chancel; 1835, the vestry; 1854: the nave; and finally 1915: the façade.
The history of the interior decoration is as complex as the building itself. After the chancel was rebuilt, in 1761-63, several interior decoration works were carried out. In 1801, François Baillairgé was brought in to sculpt the two lateral altars and, in 1803, the churchwardens authorized the chancel's decoration with the installation of the high altar. The project was so large that it included, non only the high altar, which means the tomb and the tabernacle, but also its crowning: the baldachino. Architect and sculptor, François Baillairgé, of Québec, executed the baldachino because he is the one who sculpted the high altar. When he came to Neuville, Baillairgé had just completed the baldachino for the cathedral in Québec.
The first mention of the baldachino is found in the 1805 books when a decoration project for the high altar was approuved. These works were carried out only in 1827 because sculptors François Normand, François Lafontaine and François Routhier had been working, for a year, on the installation of a new vault and corniche in the chancel.
As completed from 1826 to 1830, the chancel, with François Baillairgé's baldachino, is unique in Québec. It is the best example of Quebec tradition in wood sculpture already influenced by the Old Regime style imported from France.
The church's chancel has been classified as an "historical landmark" in 1965.
The organ
The organ is installed in the rear gallery of the church. This nice instrument continues, as always, to be used mainly during liturgical services.
The interior of the church of Neuville strikes the eyes with its sculpted décor and also with its many paintings by Antoine Plamondon (1804-1895). It is pure joy when the Déry organ fills the church with the “constant freshness” of its sound, according to Gérard Morisset's expression. If we are indebted to organbuilder Déry for building an instrument that sounds so well, we must not forget Antoine Plamondon's role in all this matter. Do we know that the painter accepted to pay half the cost of the instrument on condition that he could play one piece of music every Sunday during high mass?
Around 1950, the organ needed a revision. As the project put forward would bring changes to the tonal structure of the instrument, Gérard Morisset intervened on behalf of the importance of preserving the original tonal structure of the instrument. The works, carried out in 1953, preserved all Déry's pipeworks, windchests and registers even though a new detached electro-pneumatic console was installed.
It seems that this intervention and the other one, carried out in 1982, have preserved the character of the tonal structure created by Déry even if the added tuning slides, we don't know when, to the small pipes may have slightly modified the sound of these pipes and even if the switch to electro-pneumatic action was certainly harmful to onset of speech. Fortunately, these modifications are not irreversible.
The August 6, 1885 issue of the newspaper “Le Journal de Québec” reports a visit to Déry's workshop by well-known organists to test the new organ intended for the Neuville church: “All praised Mr. Déry's work…” Is it not wonderful that after more than a century we are still able to add new praises?
Antoine Bouchard
Grand Orgue |
Récit |
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|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | 1Principal | 8' | |
| Flûte traverse | 8' | 1Viole de gambe | 8' | |
| Bourdon | 8' | Bourdon | 8' | |
| Dulciane | 8' | Salicional | 4' | |
| Prestant | 4' | Flûte d'amour | 4' | |
| Flûte harmonique | 4' | Piccolo | 2' | |
| Doublette | 2' | 2Hautbois | 8' | |
| Cornet | III | Trémolo | ||
| Trompette | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Flûte | 16' |
| Bourdon | 16' |
| 1 | Basse commune / Common Bass : Bourdon 8' (C1 - B1) | |
| 2 | C13 - G56 |