| Description [Français / English] |
Composition sonore Stop List |
Références References |
Retour Return |
![]() |
Casavant, Opus 2165, 1953
[click on the image or here to obtain a larger picture] |
Au tournant du XXe siècle, la ville de Québec entre dans une phase d’expansion démographique et économique. Bien implantées dans les quartiers de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, les industries manufacturières emploient une abondante main-d’œuvre qui provient souvent des campagnes environnantes. Pour loger les familles ouvrières, des compagnies de promoteurs immobiliers lorgnent les vastes terres agricoles de Limoilou. En 1906, la Quebec Land acquiert ainsi l’immense domaine de la succession Anderson. La réponse au nouveau développement urbain est immédiate : la population qui dépassait à peine 1 000 habitants en 1896 atteint plus de 9 000 personnes en 1921 et au-delà de 26 000 dix ans plus tard. L’importante papetière de l’Anglo Canadian Pulp, qui s’établit dans le quartier en 1927, contribue aussi fortement au succès.
Dès la fin des années 1920, malgré la formation de la nouvelle paroisse de Saint-Fidèle, les églises de Saint-Charles et de Saint-François-d’Assise sont surpeuplées. À la suite d’une requête de résidants du sud de Limoilou, déposée en 1929, on érige donc la nouvelle paroisse de Saint-Esprit le 28 février 1930. Les fidèles se rassemblent dans une chapelle temporaire aménagée dans un garage, avant la construction de l’église, dont le soubassement est inauguré pour Noël 1930.
Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent des modifications importantes du paysage paroissial. Le 17 mars 1998, les paroisses de Saint-Charles-de-Limoilou, Saint-François-d’Assise, Saint-Zéphirin-de-Stadacona, Saint-Fidèle et Saint-Esprit fusionnent pour former la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Rocamadour.
L'église
La division du territoire des paroisses Saint-Charles et Saint-François-d'Assise a donné naissance à la paroisse Saint-Fidèle, érigée le 22 octobre 1927. Un premier lieu de culte est aussitôt aménagé dans l'entrepôt Latour, situé sur le chemin de la Carnardière, juste à côté du viaduc du chemin de fer. Elle acquiert les terrains compris entre la 4e et la 8e Avenue, la 12e et la 13e Rue, pour y construire un ensemble paroissial.
En novembre 1927, on fait appel à l'architecte Joseph-Siméon Bergeron pour dresser les plans d'un presbytère et d'une église temporaire qui, plus tard, deviendra salle paroissiale, lorsqu'un temple plus imposant aura été érigé. Il semble néanmoins que la paroisse envisage de l'utiliser plusieurs années puisqu'elle y fait installer un orgue et un mobilier de qualité, fabriqués sur mesure. La première messe y a été célébrée le 11 novembre 1928. Cette église temporaire, construite avec une structure d'acier, subsiste encore à l'arrière de l'église. Réaménagée, elle est occupée par des logements depuis 1975. Quant au presbytère, il a été construit d'après les plans des architectes Bergeron et Lemay, puis agrandi par une annexe en 1952.
Pour l'église permanente, plusieurs architectes élaborent des projets : on en connaît d'Émile-Georges Rousseau et d'Adrien Dufresne, datés de 1947 et 1948. C'est finalement en juin 1951 qu'un mandat est confié à Adrien Dufresne et Antonio Bédard-Taillon, architectes associés, de concevoir les plans de la nouvelle église. L'édifice, qui peut contenir 1 250 personnes dans la nef et 1 200 dans la crypte, est bénit le 16 mai 1954. Cette nouvelle église est la plus originale des œuvres de Dufresne sur le territoire de la ville de Québec. L'édifice est en forme de croix latine avec choeur en saillie et une abside avec chevet plat. À l'extérieur, le bâtiment de pierre n'annonce rien de nouveau, au départ. Les projets antérieurs de Dufresne ont déjà proposé, juxtaposée à une haute tour bien dégagée, cette silhouette à haut pignon dont le tracé et les ouvertures soulignent une composition tracée à l'équerre. D'ailleurs, le clocher n'est qu'une reprise d'un projet de 1942 destiné à l'église de Sainte-Marguerite, à Trois-Rivières. En effet, il arrivait souvent à Dufresne de combiner des éléments qu'il avait d'abord conçus pour des églises différentes. Il faut préciser, qu'entre 1945 et 1951, il mena plusieurs projets de front, dont certains l'accaparèrent durant plusieurs années. Il travailla, par exemple, à la basilique de Notre-Dame-du-Cap de 1944 à 1964.
En revanche, la nef est remarquable. Dufresne, qui utilise le béton depuis 1946 alors qu'il s'en était tenu jusque-là presque exclusivement à la brique, opte ici pour les arcs polygonaux. Mais plutôt que de s'en servir pour simplement rythmer les travées, il les croise comme pour composer des voûtes d'ogives. Puis, au sommet de la voûte, recouverte de crépi, l'architecte établit une résille faîtière qui rappelle les réseaux de liernes et de tiercerons des ouvrages lapidaires du XVe siècle. Ici, la résille construit l'unité de l'espace puisqu'elle rassemble les éléments structuraux : elle forme l'épine dorsale de cette structure organique géométrisée.
Pour correspondre aux goûts de l'époque, la nef doit être dégagée de colonnes. Dufresne comprime l'espace des bas-côtés, laissant à peine place à des allées latérales. En fait, à cause de la largeur importante de la nef, soit 20 mètres (65,6 pieds), il choisit de contrebuter les arcs. Chaque pilier reçoit deux arcs qui se rencontrent à 90 degrés et s'épaulent mutuellement avant de transmettre vers le mur l'autre moitié de leur charge seulement. Il profite de la force du béton armé pour ménager ces allées en perçant les contreforts des arcades entrecroisées de la voûte; on retrouve ainsi, au sol, ces passages qu'on pratiquait dans les murs des étages hauts (triforium ou claire-voie) des cathédrales gothiques.
L'œuvre de Dufresne exploite plus avant le potentiel des nouvelles technologies de construction, mais elle consacre aussi les qualités expressives de cette modernité, refusant la référence servile aux œuvres sanctionnées par l'histoire. Le style du moine Paul Bellot, révisionniste mystique du Moyen Âge, se double ici d'une préoccupation de modernité évidente. Ici, Dufresne explore un expressionisme géométrique alimenté par des référents étasuniens et européens, notamment germaniques. On n'insistera jamais assez, à ce sujet, sur l'influence qu'a exercée l'œuvre de Frank Lloyd Wright sur la production de Dufresne. Difficile aussi de ne pas évoquer l'architecture cubiste tchèque, à laquelle Dufresne semble avoir emprunté cette polychromie, typiquement est-européenne, et qui étonne tous les connaisseurs des architectures de béton, dont le goût "brut" a plutôt été modelé par le rationalisme classique des modernes français, à la suite d'Auguste Perret.
L'orgue
Un premier orgue est installé dans l'église temporaire en 1928, Il s'agit d'un orgue de 7 jeux, Opus 1295, fabriqué par Casavant Frères, de Saint-Hyacinthe. Lorsque la nouvelle église est inaugurée en 1952, l'orgue a été transféré dans la crypte et un instrument électronique a été acheté pour l'église supérieure.
Lorsque l'église Saint-Esprit, située dans le même secteur de la ville de Québec, ferme ses portes en 2002, l'instrument est déménagé à l'église Saint-Fidèle par le facteur Jean-François Mailhot qui profite de l'occasion pour y installer une soufflerie neuve. Le concert inaugural a été donné par Marc D'Anjou le 14 avril 2002.
[cliquer sur l'image ou ici pour obtenir une version agrandie]
In the turn of the 20th century, Quebec City enters a stage of demographic and economic expansion. Well established in St. Roch and St. Sauveur districts, manufacturing industries use abounding work force which often was coming from neighbouring villages. To lodge these working class families, property companies eye up the vast Limoilou agrarian lands. In 1906, Quebec Land Co. acquires the huge Anderson estate. The answer to this new urban development is immediate: the population which barely exceeded 1,000 people in 1896 grows to more than 9,000 persons in 1921 and more than 26,000 ten years later. Anglo Canadian Pulp, the important paper maker, who settles in the district in 1927, much contributed to this success.
From the end of 1920s, in spite of the creation of the new St. Fidèle parish, St. Charles and St. François-d'Assise churches are overcrowded. Following a request from the residents of the southern part of Limoilou, in 1929, the new St. Esprit parish is set up on February 28th, 1930. Worshippers gather in a temporary chapel set up in a garage, before the construction of the church whose crypt was inaugurated for Christmas 1930.
In last decades of the 20th century, the decline in religious practice and the reduction in the number of priests led to important modifications to the parish organization. On March 17th, 1998, St. Charles, St. François-d'Assise, St. Zéphirin, St. Fidèle and St. Esprit parishes merge to form the new Notre-Dame-de-Rocamadour parish.
The church
The division of the parish territory St. Charles and St. François-d'Assise gave birth to the St. Fidèle parish on October 22nd, 1927. A first place of worship is immediately set up in the Latour warehouse Latour, located on Carnardière Road, close to the railway viaduct. The parish acquires land located between the 4th and the 8th Avenues, the 12th and the 13th Streets, to build a parochial complex.
In November, 1927, the parish calls upon architect Joseph-Siméon Bergeron to prepare the plans for a presbytery and a temporary church which, later, will become parish hall when a more imposing church will have been buit. It seems however that the parish plans to use it for several years since both an organ and made to order quallity furniture were installed. The first mass was celebrated on November 11th, 1928. This temporary church, built with a steel structure, is still standing at the back of the church. Redeveloped, it is occupied by community lodgings since 1975. As for the presbytery which was built according to plans by architects Bergeron and Lemay it was enlarged by an extension in 1952.
For the permanent church, several architects submitted plans: there are those by Émile-Georges Rousseau and those by Adrien Dufresne, dating from 1947 and 1948. Finally. in June 1951, the mandate is entrusted to Adrien Dufresne and Antonio Bédard-Taillon, partner architects, to prepare the plans of the new church. The building, which can accommodate 1,250 persons in nave and 1,200 in the crypt, is blessed on May 16th, 1954. This new church is the Dufresne's most original work in the territory of the Quebec City. The building is in the latine cross form with a protrodung chancel ending with an flat chevet apse. On the outside, on first look, the stony building announces nothing new. Dufresne's previous works have already shown, juxtaposed to a high very free tower, this high gable silhouette whose layout and openings shows a composition drawn with a T-square. Besides, the bell tower is only a repeat of a 1942 plan intended for St. Marguerite church, in Trois-Rivières. In fact, Dufresne is known to combine elements first designed for different churches. We must specify that between 1945 and 1951, he simultaneously works on several projects, among whom some would keep him busy for several years. For instance, he worked on the Notre-Dame-du-Cap basilica from 1944 till 1964.
On the other hand, the nave is remarkable. Dufresne, who has been using concrete since 1946 while he had been, until then, almost exclusively using brick, opts for polygonal arches. But rather than to use then to simply regulate bays, he crosses them as if to compose ogival vaults. Then, at the top of the vault, covered with roughcast, the architect sets up a central fishnet that reminds of struts and tiercerons networks found in 15th-century lapidary works. Here, the fishnet is the center piece because it collects the structural elements: it is the backbone of this organic geometric structure.
To meet the current fashion, the nave must be cleared of columns. Dufresne trim the space of the side aisles, barely leaving place for aisles themselves. In fact, because of the important wideness of the nave, 65.6 feet (20 metres), he chooses to buttress the archways. Every pillar supports two archways which meet at 90 degrees and supports one another before passing on the wall only the other half of their load. He uses the ferroconcrete force to carefully handle these aisles by piercing the buttresses of the vault's intertwined archways; so, on the floor, we find passages that used to be executed in the high floor walls (triforium or clerestory) of gothic cathedrals.
Dufresne's work brings forward the potential of new construction technologies, but it also establishes the expressive qualities of this modernity, refusing the servile reference to works sanctionned by history. The style of monk Paul Bellot, the mystical Medieval revisionist, is here coupled with a preoccupation of evident modernity. Here, Dufresne explores a geometric expressionism coming from American, European and mainly German referents. On this subject, we will never stress enough the influence exerted by the work of Frank Lloyd Wright over the Dufresne's works. Also difficult not to recall the Czech cubist architecture from whom Dufresne seems to have borrowed this typically East-European polychromy and which surprises all experts on concrete architecture whose "raw" taste was rather modelled by modern French classical rationalism, after Auguste Perret.
The organ
A first organ was installed in the temporary church in 1928. It was a 7-stop instrument, Opus 1295, built by Casavant Frères, of St. Hyacinthe. When the new church was inaugurated in 1952, the organ was transferred in the crypt of the new building and an electronic instrument was purchased and installed in the upper church.
When St. Esprit church, located in the same district in Quebec City, closed its doors in 2002, the instrument was moved to St. Fidèle church where it was reinstalled by organbuilder Jean-François Mailhot who replaced the old ventilator. The inaugural concert was played by Marc D'Anjou, on April 14th, 2002.
II. Grand-Orgue |
III. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Flûte conique | 16' | Quintaton | 16' | |
| Montre | 8' | Principal | 8' | |
| Principal | 8' | Flûte double | 8' | |
| Flûte traversière | 8' | Cor de nuit | 8' | |
| Spitzflöte | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Bourdon | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Prestant | 4' | Gemshorn | 4' | |
| Flûte d'amour | 4' | Waldflöte | 4' | |
| Quinte | 2 2/3' | Quinte | 2 2/3' | |
| Doublette | 2' | Flageolet | 2' | |
| Fourniture | V | Cornet | IV | |
| Fourniture | IV | |||
| Cymbale | III | |||
| Contrebasson | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Hautbois | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
| Tremolo | ||||
I. Choral |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Lieblich Bourdon | 16' | Principal | 16' | |
| Diapason | 8' | Violon | 16' | |
| Salicional | 8' | Flûte conique | 16' | |
| Flûte à cheminée | 8' | Soubasse | 16' | |
| Flûte triangulaire | 8' | Dulciane | 16' | |
| Quintaton | 8' | Quinte | 10 2/3' | |
| Octave | 4' | Octave | 8' | |
| Flûte douce | 4' | Violoncelle | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | Bourdon | 8' | |
| Flautino | 2' | Basse chorale | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Cornet | III | |
| Larigot | 1 1/3' | Bombarde | 16' | |
| Sifflet | 1' | Contrebasson | 16' | |
| Cromorne | 8' | Trompette | 8' | |
| Tremolo | Clairon | 4' | ||