Doctorat honorifique à Mireille Apollon: une vie consacrée au service public | Réseau de l'Université du Québec

Doctorat honorifique à Mireille Apollon: une vie consacrée au service public

2021-11-19

Doctorat honorifique à Mireille Apollon: une vie consacrée au service public

L’Université du Québec en Outaouais a honoré madame Mireille Apollon aujourd’hui, 16 novembre 2021, en lui décernant un doctorat honorifique lors de sa cérémonie de la collation des grades à Gatineau au pavillon Lucien-Brault de l’UQO.

Ex-conseillère municipale à la Ville de Gatineau, femme de carrière internationale, madame Apollon a consacré sa vie au service des autres, à la justice sociale et à l’amélioration des conditions de vie de ses semblables.

« L’Université du Québec en Outaouais est fière de décerner un doctorat honoris causa à madame Mireille Apollon pour son apport considérable à faire du Québec une société plurielle et inclusive et pour sa quête incessante de la justice et de l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les cultures et les nations, et entre les générations », a déclaré la rectrice de l’UQO, Murielle Laberge, lors de son hommage à madame Apollon.

La rectrice a souligné le parcours remarquable de Mireille Apollon, un parcours qui représente les valeurs d’équité, de diversité et d’inclusion, des valeurs fondamentales pour bâtir un monde meilleur.

Le reportage du quotidien Le Droit

Née à Haïti, elle est arrivée au Québec en 1960, au début de la Révolution tranquille, pour y faire ses études secondaires dans une école dirigée par des religieuses.  

Madame Apollon a souligné que ce sont ses parents qui ont choisi de s’établir au Canada afin d’avoir une meilleure vie. « Ces décisions sont celles de mes parents, de ma famille, qui m’aimait énormément. »

Elle obtient par la suite un baccalauréat en enseignement (1969), elle a amorcé sa vie professionnelle en enseignant les mathématiques, au Québec d’abord (1969-1976), puis au Gabon (1976-1979).

De retour au Québec au début des années 1980, elle a poursuivi ses études universitaires tout en occupant la fonction de consultante pour le ministère de l’Immigration du Québec. Elle a obtenu, en 1982, une maitrise en administration publique.

Carrière internationale

Débute ensuite une période de près de vingt ans durant laquelle elle œuvre à l’international où elle occupe divers postes d’analyste et de chargée de projet auprès de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), puis de diplomate au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, ainsi qu’auprès des ambassades canadiennes au Sénégal (consule et première secrétaire), en Tunisie (conseillère et cheffe de la coopération canadienne) et en Haïti (directrice du Bureau d’appui à la coopération canadienne). Elle fut aussi responsable régionale pour le ministère des Affaires extérieures.

Après sa retraite, en 1998, madame Apollon a effectué un retour dans son pays natal et y a fondé une entreprise de services de consultation et de gestion. Elle a réalisé divers mandats pour des ministères et organismes haïtiens portant sur la gestion et la coopération internationale, la promotion des conditions de vie des femmes, les enjeux de la diversité culturelle, la dualité linguistique et l’accès aux services fédéraux canadiens par des communautés francophones en situation minoritaire.

Le Québec, est son ‘chez-nous’, a raconté madame Apollon.  Elle a remercié les religieuses qui l’ont accueilli et qui lui ont partagé une compréhension enrichissante de la société québécoise. « On m’a appris que vivre au Québec, c’est vivre en démocratie, de partager une langue commune, de cultiver la paix dans le respect, la solidarité. Vivre au Québec, c’est aussi vivre une culture de partage, une culture soutenue par une ouverture au dialogue. »

Son attachement au Québec, mais aussi sa carrière internationale lui ont fait comprendre bien des choses. « Je peux aujourd’hui affirmer qu’au-delà de l’épiderme, des accents différents, nous sommes tous fondamentalement semblables. Pour tout vous dire, je suis convaincue que nos savoirs s’enrichissent réciproquement en s’entrecroisant et nous emmènent inexorablement à construire ensemble, une société plurielle, accueillante, inclusive. »

Conseillère à Gatineau

Elle a mis par la suite cette riche expérience au service de sa ville, Gatineau. En effet, elle fut, de 2009 à 2017, conseillère municipale à la Ville de Gatineau. Elle y a occupé les fonctions de mairesse suppléante, de présidente de la Commission des Arts, de la culture, des lettres et du patrimoine, de responsable du dossier de la diversité culturelle, ainsi que de vice- présidente du conseil municipal et de la Conférence des élus de l’Outaouais (CRÉO).

Après avoir contribué largement, à titre de citoyenne-bénévole, à l’élaboration de la Politique de la diversité culturelle, elle a vu, à titre d’élue, à sa mise en œuvre, contribuant ainsi à faire de la ville de Gatineau la deuxième porte d’entrée de l’immigration au Québec.  

Depuis 2018, elle siège au conseil d’administration de la Commission canadienne pour l’UNESCO à titre de vice-présidente, ainsi qu’au conseil d’administration et au comité exécutif de la Commission de la capitale nationale (CCN).

Elle a milité contre la discrimination raciale et lutté pour une meilleure équité en emploi, notamment au sein de l’Association des minorités visibles de l’ACDI. Comme membre du conseil d’administration de A-Dialogue, elle a participé à la reconnaissance de l’apport des communautés noires au développement du Canada, contribué au dialogue entre Canadiens d’origine diverse, et soutenu les efforts de renforcement et d’accompagnement du leadership des jeunes issus des communautés ethnoculturelles.

Comme membre du Comité consultatif sur les relations avec les communautés noires, elle a contribué à la reconnaissance de l’apport des communautés noires au développement de l’Outaouais.

Elle a co-présidé le Comité d’accueil et d’établissement des réfugiés syriens à Gatineau, et créé, au lendemain du tremblement de terre de 2010 qui a secoué Haïti, un programme de bourses d’excellence destinées aux étudiants de la communauté haïtienne en collaboration avec le regretté Mauril Bélanger, alors député d’Ottawa-Vanier. La communauté étant installée des deux côtés de la rivière des Outaouais, ces bourses annuelles méritoires sont attribuées par l’UQO et par l’Université d’Ottawa.

Mireille Apollon a d'ailleurs remercié l'UQO, qui fait une belle place aux étudiantes et aux étudiants étrangers au moment où le pays fait face à un important déficit démographique.

Un autre aspect de son engagement communautaire concerne sa lutte pour l’égalité entre les sexes dans toutes les sphères de la société. Elle a milité activement dans plusieurs groupes et associations, dont l’Association des femmes immigrantes de l’Outaouais, l’Assemblée des groupes de femmes d’interventions régionales (AGIR), et le Réseau des femmes d’affaires et professionnelles de l’Outaouais.

Mireille Apollon a reçu de nombreux honneurs au cours de sa carrière (Prix québécois de la citoyenneté du ministère de l’Immigration et des communautés culturelles, le Prix d’excellence du réseau des femmes d’affaires et professionnelles de l’Outaouais, et l’Ordre de Gatineau).

L’UQO est fière d’ajouter à cela le titre honoris causa 2021.

Source :
Service des communications
UQO, 16 novembre 2021

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