Plus de 750 000 $ pour mieux comprendre la pauvreté et l'exclusion sociale | Réseau de l'Université du Québec

Plus de 750 000 $ pour mieux comprendre la pauvreté et l'exclusion sociale

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Crédit : Getty Images

2020-03-05

Plus de 750 000 $ pour mieux comprendre la pauvreté et l'exclusion sociale

L'UQAM a raflé quatre des cinq subventions octroyées par le Fonds de recherche du Québec - Société et culture (FRQSC) dans le cadre de la phase 4 du programme Actions concertées visant à améliorer les connaissances sur la pauvreté et l'exclusion sociale. Les professeures du Département des sciences économiques Marie Connolly et Catherine Haeck ainsi que le professeur Philippe-Benoît Côté, du Département de sexologie, et la professeure Janie Houle, du Département de psychologie, ont reçu au total 759 943 dollars pour leurs projets de recherche.

La mobilité intergénérationnelle au Québec: les différences géographiques et le rôle des inégalités de patrimoine

Marie Connolly (190 447 $)

Les inégalités socioéconomiques ont connu une forte hausse depuis le début des années 1980, mais ce ne sont pas juste les inégalités qui sont en hausse, c’est aussi la persistance de ces inégalités d’une génération à l’autre. Il est de plus en plus difficile pour un jeune ayant grandi en milieu défavorisé de se sortir de la pauvreté. C'était le constat effectué par Marie Connolly et son équipe dans le cadre de la phase 3 du Programme de recherche sur la pauvreté et l'exclusion sociale, au cours de laquelle elle a développé de nouvelles données administratives fiscales en partenariat avec Statistique Canada, en ajoutant des cohortes de naissance (de 1970 à 1985) aux données existantes de la Base de données sur la mobilité intergénérationnelle du revenu. Lors de la phase 4, elle compte exploiter ces données afin d’approfondir les connaissances sur la mobilité sociale au Québec.

Le premier objectif du projet sera de décrire les différences géographiques dans la mobilité intergénérationnelle au Québec et d’en comprendre les déterminants, tandis que le deuxième consistera à investiguer le rôle des inégalités de patrimoine dans la mobilité intergénérationnelle. Cela permettra d’éclairer le rôle des inégalités de patrimoine, tant du côté des individus à richesse élevée, qui ont des avoirs financiers et immobiliers, que de celui des individus aux avoirs plus modestes, pour lesquels les pensions constituent souvent un des seuls réservoirs de richesse.

L'éducation et la transmission intergénérationnelle du revenu

Catherine Haeck (188 773 $)

Grâce au développement récent de nouvelles sources de données de nature administrative et au couplage de sources existantes par Statistique Canada, ce projet vise à mettre en lumière certains des mécanismes régissant la mobilité intergénérationnelle au Québec. Il dressera d'abord un portrait détaillé de l’évolution de la mobilité socioéconomique au Québec, selon différentes caractéristiques sociales, puis singularisera des mesures possibles à mettre en place ou à bonifier pour rehausser la mobilité du quintile inférieur de la population.

Une étude récente montre qu’il existe des différences importantes au niveau du développement des garçons et des filles dès l’âge de 5 ans au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, à l’avantage des filles. Ces différences sont en partie expliquées par des investissements en temps différent de la part des parents vis-à-vis des garçons et des filles. Le projet de Catherine Haeck vise à poursuivre ces travaux pour le Canada (et plus spécifiquement le Québec) afin d’évaluer l’impact de ces différences sur la mobilité économique des jeunes et de comprendre quels sont les facteurs mesurés durant l’enfance qui sont associés avec une meilleure mobilité socioéconomique.

La pluralité des trajectoires de vie chez les hommes en situation d'itinérance: mieux comprendre pour mieux arrimer les activités de prévention et d'intervention à leurs besoins

Philippe-Benoît Côté (190 223 $)

L’itinérance masculine se comprend dans un contexte sociohistorique de transformations du salariat, du logement et du genre, qui redéfinissent les contours de la précarité, de la masculinité et de la stabilité résidentielle.

Ancré dans une perspective sur les transformations contemporaines de la pauvreté, de l’exclusion sociale et de la construction de genre, ce projet veut contribuer à mieux comprendre la pluralité des parcours de vie des hommes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir afin de mieux arrimer les actions de prévention et d’intervention à leurs besoins. Il vise à documenter les parcours de vie des hommes en situation d’itinérance au Québec, à comprendre les enjeux structurants dans l’expérience de l’itinérance chez les hommes, et à identifier des pistes de solution concertées avec différents milieux pour améliorer les activités de prévention, d’accompagnement et de sortie de l’itinérance. Cette recherche-action participative reflétera différentes réalités régionales au Québec, en s'appuyant notamment sur des entretiens individuels avec une cinquantaine d'hommes en situation d'itinérance ainsi qu'en mettant sur pied des groupes de discussion avec une quinzaine d'intervenants.

Les effets du logement social sur les trajectoires de vie, les capitaux et l'accessibilité aux ressources des locataires: étude comparative de quatre programmes québécois

Janie Houle (190 500 $)

Les principaux programmes de logement social québécois sont les HLM, les OSBL, les COOP et les PSL privés. Aucune étude n’a comparé l’effet de ces programmes sur les trajectoires de vie des locataires: cette absence de théorisation nuit de manière importante à leur évaluation et à leur amélioration.

Le projet de Janie Houle vise à comprendre l’influence du logement social sur la trajectoire de vie (incluant la sortie de la pauvreté, s’il y a lieu), les capitaux et l’accessibilité aux ressources de différents groupes de personnes; à comparer quatre programmes de logement social québécois (HLM, OSBL, COOP, PSL privé) sur le plan des contextes, des mécanismes d’action et des effets; et à identifier ce qu’il serait souhaitable de faire pour que l’offre de programmes en matière de logement social permette à davantage de personnes d’en retirer des effets positifs. Des entretiens individuels de type «récit de vie» seront réalisés dans différentes municipalités de tailles diverses (Montréal, Lévis, MRC de Bellechasse et de Portneuf) avec une soixantaine de locataires bénéficiant des quatre programmes de logement social et une quinzaine de personnes occupant un logement privé non subventionné après avoir vécu en logement social. Des groupes de discussion seront formés avec des locataires et différentes parties prenantes (propriétaires/gestionnaires, intervenants, partenaires), et un World Café sera organisé avec tous les participants et collaborateurs de l’étude afin d’identifier et de prioriser collectivement les actions à privilégier afin d’améliorer la capacité des programmes de logement social à produire les effets désirés.

Source :
Service des communications
UQAM, 3 mars 2020

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