Troubles alimentaires : quand le mal vient des médias sociaux | Réseau de l'Université du Québec

Troubles alimentaires : quand le mal vient des médias sociaux

Image de l'article

Du 1er au 7 février, la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires rappelle de ne pas laisser le contenu des médias sociaux influencer la perception de soi.

2020-02-04

Troubles alimentaires : quand le mal vient des médias sociaux

Ce n’est pas un secret, le monde des médias sociaux est empreint de commentaires dévastateurs et souvent gratuits sur l’apparence physique. Combien de fois lisons-nous des commentaires crus et méchants sur le corps et le poids des gens ? « Avec un corps comme le tien, pas étonnant que tu sois célibataire » est un exemple éloquent de geste de web-intimidation qui peut grandement blesser.

Certains commentaires plus subtils sur l’apparence physique peuvent heurter tout autant. Prenons l’exemple d’une personne qui complimente son amie sous sa dernière publication Facebook en écrivant à quel point elle est « resplendissante… depuis sa perte de poids! ». Ce type de commentaire peut paraître anodin pour certains. Toutefois, pour d’autres personnes, ces mots résonnent fortement et ont des répercussions psychologiques significatives.

« Ce type de remarques, souvent faciles à transmettre sur les médias sociaux, peuvent ébranler la confiance et l’estime de soi d’un individu. Dans certains cas, ces commentaires constituent les éléments déclencheurs d’un trouble alimentaire ou exacerbent un trouble déjà existant. Les troubles comme l’anorexie mentale, la boulimie ou l’hyperphagie boulimique sont des problématiques graves de santé publique qui touchent plus de 300 000 Québécoises et Québécois. Personne n’est d’ailleurs à l’abri de développer un de ces troubles au cours de sa vie», explique Marilou Ouellet, doctorante en psychologie à l’UQTR et coordonnatrice scientifique du groupe de recherche Loricorps.

« Tous ensemble, nous avons l’obligation de revoir la façon dont nous nous adressons à une personne en parlant de son physique, mais aussi de réfléchir à l’impact dévastateur des commentaires et remarques désobligeantes sur la santé mentale des victimes », ajoute Liette St-Pierre, professeure au Département de sciences infirmières et également membre du Loricorps.

Le moment de cette réflexion importante tombe d’ailleurs à point. Du 1er au 7 février, la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires (#SemTA2020), rappelle de ne pas laisser le contenu des médias sociaux influencer la perception de soi, et que l’obsession du poids peut mener à un trouble alimentaire.

Le Loricorps de l’UQTR s’associe à la Semaine nationale de sensibilisation aux TCA. L’équipe a pour mission de développer le dépistage, la prévention et le traitement des troubles alimentaires. Au cours de ses travaux, elle intervient parfois auprès des victimes de remarques déplacées sur les médias sociaux.

« Quelle que soit leur silhouette, elles méritent pourtant tout le respect des autres et le sentiment d’amour propre si important. Tous ensemble, portons attention à nos remarques et commentaires. Apprenons à respecter les corps des autres et le nôtre. Que ce soit sur les médias sociaux, ou dans nos communications de tous les jours », concluent ensemble les deux spécialistes.

Source :
Service des communications
UQTR, 29 janvier 2020

Toutes les actualités de l'Université du Québec à Trois-Rivières >>>